Les trésors sous-marins menacés par des robots

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La proue du Titanic coulé en 1912, près de Terre Neuve, dont l'épave est exploitée par RMS Titanic
La proue du Titanic coulé en 1912, près de Terre Neuve, dont l'épave est exploitée par RMS Titanic

L’Unesco sonne l’alarme contre les chasseurs qui fouillent le fond des mers à l’aide de matériels dernier cri.

Pêcher la crevette et remonter dans ses filets un Satyre dansant, de deux mètres, en bronze, datant du IVe siècle avant notre ère, c’est ce qui est advenu, en 1998, au capitaine Ciccio, qui draguait avec son chalut, dans le détroit de Sicile, à 300 mètres de profondeur.

Yeux d’albâtre, boucles dorées, oreilles pointues, lèvres ourlées, le satyre a une telle grâce que les archéologues Paolo Moreno et Bernard Andreae l’attribuent au grand sculpteur grec Praxitèle. En 2002, c’était la pièce phare de l’exposition « 5 000 ans de bronze » à la Royal Academy de Londres.

Gros moyens financiers Ce chef-d’œuvre proviendrait du butin volé par Genséric, roi des Vandales, lors du sac de Rome en 455. Le satyre se trouvait à bord de l’un des vaisseaux du vainqueur en route pour Carthage, lequel coula au large de l’île de Pantelleria.

Cette pêche miraculeuse témoigne de l’incommensurable richesse que recèlent les épaves gisant au fond des mers depuis des millénaires. Mais, aussi, d’une histoire qui se termine bien. Le Satyre est sauvé, il est resté en Italie et il repose au Musée de Mazara del Vallo, port d’attache du capitaine Ciccio.

L’exemple est suffisamment rare pour être souligné. Car ce patrimoine sous-marin est de plus en plus menacé par les chasseurs de trésors, disposant de gros moyens financiers, très actifs en mer avec leurs robots plongeurs. Les 22 et 23 septembre, à Paris, l’Unesco sonnait l’alarme en réunissant des spécialistes du monde sous-marin, archéologues, historiens...

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