Les travaillistes britanniques élisent leur nouveau chef

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(Actualisé avec déclarations de Corbyn §§10-11) par William James LONDRES, 14 août (Reuters) - Les travaillistes britanniques commencent ce vendredi à choisir leur nouveau chef de file, qui, si les sondages sont fiables, devrait être Jeremy Corbyn, partisan d'un virage à gauche et d'un retour aux sources du Labour. Le vainqueur sera probablement le principal adversaire du Premier ministre conservateur David Cameron lors des prochaines élections législatives prévues au plus tard en 2020. Après la défaite électorale subie en mai par le Labour, sa plus cuisante depuis 1987, quatre prétendants s'affrontent pour succéder à Ed Miliband au terme d'une campagne présentée par l'ancien Premier ministre Tony Blair, vainqueur de trois élections successives en 1997, 2001 et 2005, comme une lutte douloureuse entre le coeur et la raison pour les travaillistes. D'un côté, il y a ceux qui, mettant en avant la colère d'une partie de la population contre les coupes dans les dépenses publiques effectuées par le gouvernement conservateur, affirment que le Parti travailliste doit retrouver ses racines sociales et syndicales. En face, d'autres affirment que le Labour ne peut espérer revenir au pouvoir qu'à la condition de reconquérir les électeurs du centre, conformément à la stratégie mise en oeuvre dans les années 1990 par Tony Blair. Plus de 600.000 adhérents, partisans et membres de syndicats affiliés au Labour sont appelés à voter. Le vainqueur sera désigné le 12 septembre. D'après les instituts de sondage, Jeremy Corbyn s'est imposé au fil de la campagne comme le grand favori du scrutin, avec 53% des intentions de vote, soit 32 points d'avance sur son plus proche rival, selon YouGov. A 66 ans, cet admirateur de Karl Marx est partisan de nationalisations, d'une hausse des dépenses publiques et d'un alourdissement de la fiscalité sur les entreprises et les plus fortunés. UN DISCOURS ANTI-AUSTÉRITÉ "Le but de cette campagne est de diffuser un message d'espoir et de changement basé sur un choix essentiel: cinq années ou plus de poursuite de l'austérité ou un programme d'investissement et de croissance au profit de la majorité", a dit Jeremy Corbyn, dont le style, y compris vestimentaire, tranche avec celui d'une grande partie de la classe politique, jugée trop lisse et conformiste par de nombreux Britanniques. Vendredi, il a également estimé qu'un virage à gauche était nécessaire pour regagner les faveurs des électeurs écossais, qui ont boudé le Labour en mai, ne lui laissant qu'un siège sur 41 dans la région et assurant au Parti national écossais (SNP), partisan de l'indépendance, la plus éclatante victoire électorale de son histoire. "Le Labour ne peut pas gagner en Ecosse sans changer; et pour le Labour, le chemin qui conduit au pouvoir ne peut pas éviter de parler à l'Ecosse", a-t-il déclaré dans un communiqué avant des meetings à Edimbourg et Glasgow. Pour Tony Blair, le Labour risque "l'anéantissement" s'il se choisit Jeremy Corbyn comme nouveau dirigeant. ID:nL5N10O1UF La majorité des travaillistes ne semble toutefois pas vouloir d'un retour aux principes centristes du "New Labour" mis en oeuvre par l'ancien Premier ministre durant ses 10 années au pouvoir, marquées par un rapprochement avec les chefs d'entreprise. Liz Kendall, la plus "blairiste" des quatre candidats, est donnée dernière par les instituts de sondage. Les deux autres candidats, Andy Burnham et Yvette Cooper, défendent un positionnement traditionnel de centre gauche. Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix, les deuxièmes choix exprimés par les électeurs seront pris en compte dans le total des suffrages. Cela pourrait nuire à Jeremy Corbyn, dont les trois adversaires occupent peu ou prou le même créneau. (Bertrand Boucey pour le service français)

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