Les tractations s'intensifient pour une trêve à Gaza

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INTENSIFICATION DES TRACTATIONS POUR UNE TRÊVE À GAZA
INTENSIFICATION DES TRACTATIONS POUR UNE TRÊVE À GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Crispian Balmer

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Les efforts diplomatiques se sont intensifiés lundi pour tenter de trouver un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas alors que le bilan de l'offensive de l'armée israélienne contre la bande de Gaza dépasse désormais les 500 morts.

Quatorze jours après le lancement de l'opération "Bordure protectrice", et en dépit d'un appel du Conseil de sécurité des Nations unies à un cessez-le-feu immédiat, les combats entre le Hamas palestinien et l'armée israélienne n'ont pas baissé d'intensité.

L'aviation et les blindés israéliens ont continué de pilonner la bande de Gaza tout au long de la nuit et dans la journée. Les tirs de barrage de Tsahal ont tué 28 membres d'une même famille près de la frontière sud de Gaza, tandis que dix autres périssaient à Khan Younès dans un tir d'obus contre leur maison, ont rapporté des médecins palestiniens.

Un obus de char israélien s'est écrasé sur un étage de l'hôpital Al Aksa, dans le centre du territoire, faisant quatre morts et 70 blessés selon le ministère de la Santé gazaoui. Le Comité international de la Croix-Rouge a condamné "dans les termes les plus forts" cette frappe directe contre un établissement sanitaire.

Ces attaques israéliennes portent à 536 le nombre de Palestiniens tués, dont près de 100 enfants, depuis le début du conflit le 8 juillet. La majeure partie de ces victimes sont des civils.

L'armée israélienne a annoncé de son côté que sept soldats avaient trouvé la mort ce lundi, dont quatre dans un accrochage avec des islamistes qui s'étaient infiltrés en territoire israélien par un tunnel creusé sous la frontière. Dix des assaillants ont été tués dans la riposte de l'armée.

En deux semaines, les pertes israéliennes sont de 25 soldats et de deux civils tués.

BALLET DIPLOMATIQUE AU CAIRE

C'est dans ce contexte qu'une série d'entretiens ont débuté au Caire, où le secrétaire général des Nations unis Ban Ki-moon puis le secrétaire d'Etat américain John Kerry sont arrivés lundi.

"Notre objectif ici est de parvenir à un cessez-le-feu le plus vite possible (...) Cela ne signifie pas que cela ira vite et cela ne signifie certainement pas que cela sera facile, mais c'est le but", a dit un responsable américain accompagnant Kerry.

A Doha, au Qatar, où il se trouvait dimanche, Ban Ki-moon a souligné dimanche que les affrontements à Gaza étaient une "plaie ouverte" et, a-t-il plaidé, "nous devons faire cesser désormais le bain de sang".

John Kerry, qui devait s'entretenir tard dans la soirée avec Ban Ki-moon, devrait avoir des discussions, sans doute mardi, avec le président Abdel Fattah al Sissi ainsi qu'avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el Arabi, dit-on dans son entourage.

S'exprimant à Washington, Barack Obama s'est dit sérieusement préoccupé, comme la veille, "par le nombre croissant de pertes civiles palestiniennes et de pertes israéliennes". "Et c'est pourquoi notre objectif et l'objectif de la communauté internationale doit être de parvenir à un cessez-le-feu", a ajouté le président américain.

L'Egypte a fait savoir qu'elle pourrait amender sa proposition de cessez-le-feu jusqu'ici rejetée par le Hamas, pour accéder à certaines demandes du mouvement islamiste, "du moment qu'elles sont approuvées par toutes les parties impliquées".

Le Hamas réclame la levée du blocus imposé tant par Israël que par l'Egypte -à la frontière sud de l'enclave- de même que la libération de centaines de Palestiniens arrêtés le mois dernier par Israël dans sa traque des assassins de trois adolescents israéliens enlevés en Cisjordanie.

"Le monde doit comprendre que Gaza a décidé de mettre fin au blocus par son sang et par son héroïsme", a dit Ismaïl Haniyeh, le numéro deux du Hamas, dans une intervention télévisée.

PAS DE CONFIRMATION DU RAPT D'UN SOLDAT

La branche armée du Hamas a annoncé dimanche avoir capturé un soldat israélien lors de combats. L'organisation dit qu'il s'appelle Shaul Aron et a montré ses papiers d'identité, mais n'a pas diffusé de photo de lui. Bien que l'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies ait démenti l'information, l'armée israélienne a dit continuer d'enquêter.

Si l'information venait à être confirmée, Aron serait le premier militaire israélien détenu à Gaza depuis 2011, année où Israël avait relâché plus de 1.000 prisonniers palestiniens et obtenu en échange la libération de Gilad Shalit, soldat alors retenu captif depuis plus de cinq ans.

"Ce n'est pas le moment de parler d'une trêve", a estimé Gilad Erdan, ministre israélien des Communications et membre du cabinet restreint. "Nous devons aller au bout de la mission, et cette mission ne peut s'achever tant que la menace des tunnels n'est pas levée", a-t-il déclaré à la presse.

Le Hamas, affaibli ces dernières années par la perte du soutien de l'Egypte et de la Syrie, affiche sa détermination à se battre pour obtenir la levée du blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza après la prise de l'enclave par le Mouvement de résistance islamique en 2007.

Le principal enjeu des combats demeure le quartier de Chedjaïa, à l'est de la ville de Gaza, où 72 Palestiniens, dont nombre de civils, ont péri dimanche dans de violents bombardements israéliens. Lors de l'attaque contre les activistes retranchés dans Chedjaïa, Israël a subi ses plus lourdes pertes, avec 13 soldats tués le même jour.

L'armée israélienne dit viser ce quartier car les activistes du Hamas l'utiliseraient pour tirer des roquettes sur Israël, creuser des tunnels et aménager des postes de commandement.

(avec Ari Rabinovitch à Jérusalem, Noah Browning à Gaza, Yasmine Saleh et Ashad Mohammed au Caire et Michelle Nichols aux Nations unies; Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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