Les Touaregs et le gouvernement malien signent deux accords

le , mis à jour à 18:30
0

(Actualisé avec signature, commentaires) ALGER, 5 juin (Reuters) - Le gouvernement malien et les rebelles touaregs ont signé vendredi un accord de cessez-le feu et un texte portant sur les garanties politiques, faisant un pas de plus vers un accord de paix global visant à mettre fin à l'insurrection dans le nord du pays. Le gouvernement malien a accepté en mars dernier à Alger un accord de cessez-le-feu négocié sous l'égide des Nations unies, mais il n'a toujours pas été définitivement signé parce que la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), coalition des principaux groupes rebelles touaregs du nord du Mali, estime que toutes ses demandes n'ont pas été satisfaites. De ce fait, les combats avec les milices progouvernementales se sont poursuivis, notamment à Ménaka, localité située à 200 km à l'est de Gao. Un des deux accords appelle à un cessez-le-feu à Ménaka et au retrait de la région des groupes armés qui soutiennent le gouvernement malien, qui seront temporairement remplacés par des casques bleus, a indiqué Mongi Hamdi, l'émissaire de l'Onu. Le second texte répond à certaines demandes politiques formulées par la CMA. "Deux textes, l'un sur la sécurité et l'autre politique, vont être signés aujourd'hui, ce qui permettra à la Coordination d'aller de l'avant et, espérons-le, de signer l'accord définitif le 20 juin à Bamako", a déclaré Mongi Hamdi, interrogé par Reuters avant la cérémonie de signature à Alger. Pour Bamako et les médiateurs internationaux, la signature de l'accord est essentielle pour écarter le risque de reprise de la guérilla islamiste. Depuis l'indépendance du Mali en 1960, les Touaregs se sont soulevés à quatre reprises pour réclamer leur autonomie sous une forme ou sous une autre. Les séparatistes touaregs du nord du Mali se sont alliés en 2012 aux islamistes qui ont pris la moitié nord du pays avant d'en être chassés par les forces françaises de l'opération Serval, lancée en janvier 2013. Le document établi à Alger en mars prévoit d'accorder davantage de pouvoirs au Nord malien, la création d'une force de sécurité régionale et un plan de développement ad hoc pour le Nord, mais il laisse aux Maliens le soin de décider entre eux de l'identité politique de l'Azawad. Le gouvernement malien refuse l'idée d'une autonomie de l'Azawad au sein d'un système fédéral. Il souhaite simplement accorder de nouvelles compétences au Nord dans le cadre de la structure décentralisée existante. Les deux accord signés vendredi créent "toutes les conditions pour la paix", a déclaré le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, à l'issue de la signature des deux documents. (Patrick Markey; Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant