Les tops et Flops de l'année 2008 par Seven Equities

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Les trois tops et trois flops de l'année 2008 :

TROIS VALEURS TOPS de l'année 2008 :

HERMES
L'action Hermès a grimpé de 19% en 2008 alors que LVMH a plongé de 44%, soit autant que le CAC. Signe de sa performance, c'est le seul titre du SBF 120 à terminer dans le vert. Le groupe a su développer une clientèle locale, qui lui permet d'être moins dépendant des flux touristiques. Son positionnement sur les produits très haut de gamme lui donne un pouvoir de négociation élevé et lui permet d'augmenter les prix chaque année, ce qui en fait une valeur défensive du luxe. De plus, la marque cumule deux atouts : elle est très diversifiée (maroquinerie, soie, parfums, montres...) et elle bénéficie d'une notoriété mondiale résistant ainsi aux effets de mode en raison de son image «classique». Cependant sa valorisation (10,6 milliards d'euros) est jugée excessive par la quasi-totalité des analystes financiers. Certains facteurs soutiennent le cours comme des rumeurs d'OPA sur l'entreprise, qui reviennent régulièrement alors même que la famille détient 75% du capital et continue de démentir une quelconque volonté de céder la société. En général, les groupes familiaux sont cédés à des tiers à la troisième génération. Chez Hermès, on en est à la septième. De plus la plupart des 27% d'actions dans le public sont détenues par des investisseurs de long terme qui n'ont pas l'intention de vendre. Ensuite, la perspective qu'Hermès intègre sous peu le CAC 40 obligerait les fonds indiciels à acheter des titres. Enfin, certains investisseurs qui avaient visiblement misé sur une baisse des cours et vendu des actions Hermès à découvert, ont été contraints d'acquérir au prix fort les titres en cause, pour les livrer à leurs acheteurs.

SODEXO
Le leader mondial des services de restauration et de «facilities management» pour les entreprises et les administrations a été protégé de la récession par plusieurs facteurs. Le premier est structurel. En effet l'activité exercée par le groupe, la restauration collective, est en principe à caractère défensif. Deuxièmement, Sodexo est protégé par des contrats pluriannuels, d'une durée moyenne de trois ans, et ses principaux clients sur le sol américain appartiennent à des secteurs peu sensibles à la conjoncture : la santé (hôpitaux et maisons de retraite), l'éducation (écoles et universités) ou la défense. De plus, le taux de pénétration des spécialistes de la restauration collective reste encore très modeste aux Etats-Unis (seulement 45%), et la crise a pu inciter certaines entreprises à externaliser leurs cantines pour faire davantage d'économies. Enfin la diversification géographique du groupe (37% des ventes en Amérique, 37% en Europe continentale, 11% en Grande-Bretagne et 15% dans le reste du monde) lui a permis de se protéger et de limiter son exposition au risque. Ainsi, dans un contexte de krach boursier, le marché a révisé en hausse les perspectives du groupe et du coup le groupe termine en baisse de 2%.

GDF
La valeur du CAC 40 qui a le mieux résisté est GDF-Suez avec un recul limité de 11,7%. GDF-Suez a bénéficié de perspectives de croissance intéressantes sur un marché porteur et a bénéficié d'une structure financière saine. Concrètement l'activité du groupe a bénéficié d'un temps plus froid, des prix élevés de l'énergie et de l'augmentation de sa production d'hydrocarbures. Pour les analystes, le nouvel ensemble GDF-Suez offre une action intéressante. Le groupe combine en effet une croissance à deux chiffres des résultats, des multiples inférieurs à ceux du secteur, un faible taux d'endettement et un Ebitda qui s'appuie à près d'un tiers sur des activités réglementées et donc peu risquées. De plus la fusion a permis à GDF-Suez de prendre du poids dans certains grands indices boursiers, ce qui entraîna l'achat du titre par les fonds dont la gestion réplique la composition de ces indices. Elle devrait aussi permettre à la société dé dégager à terme 1 milliard d'euros d'économie par an.

TROIS VALEURS FLOPS de l'année 2008 :

DEXIA
En ce qui concerne les chutes l'année, 2008 fut et restera sans soute une des pires années en bourse et plus précisément dans le secteur bancaires. En effet la liste des faillites aux Etats-Unis cette année (25) et des banques avalées en urgence par des concurrents est à la hauteur de l'ampleur de la crise. La crise des subprimes, née en 2007 des excès des banques américaines, a déstabilisé le système financier mondial dans son ensemble, avec un éparpillement des créances douteuses. Elle a fait perdre des centaines de milliards de dollars aux établissements financiers et fait fondre leur valeur. La confiance dans le système financier était alors atteinte et provoqua alors un blocage total des marchés du crédit. Cependant la panique des ménages retirant massivement leur dépôt a été évitée grâce aux divers plans d'états annoncés, ayant pour but de sauver le système bancaire et le système en général. Enfin le secteur a été victime de l'escroquerie de Bernard Madoff. Dexia est la valeur symbole de cette débâcle financière qui a vu la plus forte dégringolade de l'année avec une baisse de 80% de son titre sur 1 an.

RENAULT et LAFARGE
Comme nous l'avons dit pour Dexia, l'année 2008 a tout d'abord touché le secteur bancaire mais la crise financière s'est transformée en crise économique mondiale et c'est l'ensemble des valeurs cotées qui ont plongé en Bourse. Les valeurs cycliques industrielles, ont fortement baissé en raison des évolutions de coûts des matières premières et du ralentissement économique mondial. Ainsi même si le secteur bancaire a été très fortement ébranlé, c'est le secteur automobile qui a tout compte fait été le plus touché. Signe de l'ampleur de la crise, les Etats ont signé des plans de sauvetage bancaires mais aussi des plans de relance pour l'industrie automobile. Le titre Renault a chuté de treize places et a perdu 80,88% de sa valeur boursière. Dans cette logique le cimentier Lafarge a été affecté par le ralentissement mondial dans la construction et le marché a fortement pénalisé des résultats moins bons que prévus ainsi que des perspectives mitigées. Le groupe cède ainsi près de 65% de sa valeur.

David Athuil. Analyste Seven Equities.

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