Les tests rapides, arme de lutte contre les bactéries résistantes

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Les traitements inadaptés ou arrêtés en cours de route ainsi que l'utilisation massive et répétée en santé humaine et animale des antibiotiques contribuent à la progression des résistances bactériennes dans le monde ( AFP/Archives / FRANCK FIFE )
Les traitements inadaptés ou arrêtés en cours de route ainsi que l'utilisation massive et répétée en santé humaine et animale des antibiotiques contribuent à la progression des résistances bactériennes dans le monde ( AFP/Archives / FRANCK FIFE )

Les tests de détection rapides sont essentiels pour lutter contre les infections résistantes aux antibiotiques, à l'origine de plus de 12.000 décès par an, affirment des spécialistes dans un document publié mercredi.

Les auteurs de ce "livre blanc" préconisent une utilisation plus large de ces tests, dont certains existent depuis plus de dix ans, pour aider au bon usage des antibiotiques.

Les traitements inadaptés ou arrêtés en cours de route ainsi que l'utilisation massive et répétée en santé humaine et animale des antibiotiques contribuent à la progression des résistances bactériennes dans le monde avec un risque d'"impasse thérapeutique" pour les malades, soulignent ces spécialistes.

Les tests rapides permettent par exemple d'éviter l'ordonnance d'antibiotiques en médecine de ville pour une angine virale (résultat en moins de 15 minutes pour 20 euros).

Dans les établissements de soins et laboratoires de ville, ils peuvent servir à dépister un porteur de bactérie problématique ou identifier le germe infectieux (résultats en moins de 3 heures pour 30 à 150 euros) et éviter leur propagation.

Les angines (9 millions de cas annuels en France) sont très souvent virales. Dans ce cas elle ne nécessitent pas de traitement antibiotique, contrairement aux angines bactériennes dues au streptocoque A (moins de 2 millions de cas). Les tests rapides permettent de diagnostiquer ces angines bactériennes. Mais, malgré plusieurs années de campagnes, ils restent très peu utilisés, déplorent les auteurs.

Ces derniers recommandent l'amélioration de l'information des professionnels de santé et du grand public sur ces "outils performants d'aide à la décision thérapeutique". Une meilleure prise en charge par l'Assurance maladie pour en faciliter la diffusion est également préconisée.

Chaque année, 158.000 infections dues à des bactéries multirésistantes (BMR) dont 16.000 infections graves (méningites, septicémies...) surviennent en France, note ce document rappelant que 12.500 décès annuels sont liés à ces infections, selon une estimation de 2012.

En France, le surcoût de dépenses liées à l’antibiothérapie en ville est évalué entre 71 millions d’euros (par rapport à la moyenne européenne) et 441 millions d’euros (par rapport à la moyenne des pays les plus vertueux), lit-on encore dans ce "livre blanc".

Ce document émane d'un comité éditorial réunissant les docteurs Aymeric Cantais (pédiatre, CHU de Saint-Étienne) Roland Cash (économiste de la santé, Cabinet Les Asclépiades), Brigitte Lamy (bactériologiste, CHU de Nice), Guillaume Richalet ( infectiologie, clinique des Cèdres, Grenoble) et du Pr Claire Poyart, chef de service de bactériologie (hôpital Cochin, Paris). Leur travail a reçu le soutien du laboratoire Becton Dickinson France.

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