Les tensions Iran-Arabie menacent un accord sur le pétrole

le , mis à jour à 17:58
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    * Un nouveau texte requiert l'accord de tous les pays de 
l'Opep 
    * L'Iran ne participe pas aux discussions et refuse un gel 
    * Les chances d'un compromis semblent minces 
    * Graphique de la production:  http://tmsnrt.rs/1qJbycF 
 
 (Actualisé avec précisions sur le nouveau projet d'accord §7, 
poursuite des discussions §§8-9) 
    par Rania El Gamal et Reem Shamseddine 
    DOHA, 17 avril (Reuters) - L'Arabie saoudite a exigé 
dimanche que l'Iran s'associe à un accord global de gel de la 
production de brut, compromettant ainsi les chances d'un accord 
entre pays de l'Opep et grands producteurs extérieurs au cartel 
pour tenter de soutenir les cours.  
    Dix-huit pays de l'Organisation des pays exportateurs de 
pétrole ou extérieurs à celle-ci, dont la Russie, devaient se 
retrouver dimanche matin à Doha, au Qatar, pour donner leur 
accord formel à un accord qui gèlerait jusqu'en octobre leur 
production à son niveau de janvier.  
    Mais la réunion officielle a été retardée après que l'Arabie 
saoudite, chef de file de l'Opep, a informé les participants de 
sa volonté que tous les Etats membres de l'Opep s'associent à la 
décision, a-t-on appris de sources du cartel.  
    Ryad avait auparavant insisté sur l'exclusion de Téhéran des 
discussions de dimanche, la république islamique refusant de 
geler sa production au moment où elle peut tenter de retrouver 
son rang sur le marché pétrolier mondial en profitant de la 
levée des sanctions internationales qui l'ont visée pendant 
plusieurs années.  
    Plusieurs ministres présents à Doha se sont entretenus avec 
l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al Thani, qui a joué un 
rôle décisif dans la stabilisation du marché ces derniers mois, 
dans l'espoir de sauver l'accord. 
    Mais un nouveau projet de texte que plusieurs sources ont pu 
consulter n'incluait plus aucune des dispositions contraignantes 
de la précédente version. Les discussions ministérielles 
devaient débuter vers 12h30 GMT, selon des sources.  
    Le document prévoit que les producteurs, dans et hors de 
l'Opep, se mettent d'accord pour geler la production à "un 
niveau acceptable" à condition que tous les membres de l'Opep et 
les principaux pays exporteurs s'associent à cette décision. 
    Les discussions entre les ministres présents ont débuté peu 
après 12h30 GMT et les participants continuaient de débattre du 
texte plus de deux heures plus tard.  
    La perspective d'un accord global, qui serait le premier 
entre pays Opep et non-Opep en 15 ans, semblait alors très 
mince. 
    "Je ne suis pas sûr que l'on puisse parler de gel", a 
déclaré une source de l'Opep.  
    "Le problème, désormais, consiste à déboucher sur quelque 
chose qui exclurait l'Iran, satisferait les Saoudiens et ne 
fâcherait pas la Russie", a résumé une autre source de 
l'organisation. 
     
    LA PRODUCTION NORD-AMÉRICAINE MENACÉE EN L'ABSENCE D'ACCORD 
    L'incapacité à conclure un accord pourrait laisser le champ 
libre à une nouvelle batailles pour les parts de marché entre 
pays producteurs, ce qui risquerait de porter un coup d'arrêt à 
la remontée du prix du baril.  
    L'espoir d'une limitation concertée de l'offre mondiale a 
permis au baril de Brent  LCOc1  de rebondir de 60% par rapport 
aux plus bas touchés en janvier autour de 27 dollars, après la 
chute qui lui avait fait perdre plus de 75% depuis le pic à 115 
dollars de la mi-2014.  
    "S'il n'y a pas d'accord aujourd'hui, l'Arabie saoudite ne 
s'en prendra pas seulement à l'Iran. S'il n'y a pas de gel, cela 
affectera directement la production nord-américaine, et c'est 
peut-être ce que veulent les Saoudiens", a commenté Abhisek 
Deshpande, analyste spécialisé de Natixis.  
    Samedi, le vice-prince héritier saoudien Mohammed bin 
Salman, chargé de la politique pétrolière, a déclaré à l'agence 
Bloomberg que le royaume pouvait rapidement augmenter sa 
production et qu'il ne la limiterait que si l'Iran acceptait un 
gel.    
    De son côté, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, 
a déclaré que les autres pays producteurs devaient se faire à 
l'idée du retour de son pays sur marché pétrolier.  
    "Si l'Iran gèle sa production pétrolière au niveau de 
février, cela signifiera qu'il ne peut pas bénéficier de la 
levée des sanctions", a-t-il dit.  
    Un gel concerté de la production des pays présents à Doha 
n'aurait qu'un impact limité sur l'offre pétrolière mondiale et 
il est peu probable que le marché revienne à une situation 
d'équilibre probable avant 2017, a estimé jeudi l'Agence 
internationale de l'énergie (AIE).   
    
 
 (Bertrand Boucey, Eric Faye et Marc Angrand pour le service 
français) 
 

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