Les taxes, seul recours pour les prix de l'essence, selon l'Ufip

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L'UFIP PROPOSE D'AGIR SUR LES TAXES POUR GELER LES PRIX DES CARBURANTS
L'UFIP PROPOSE D'AGIR SUR LES TAXES POUR GELER LES PRIX DES CARBURANTS

PARIS (Reuters) - Le gel des prix des carburants envisagé par le gouvernement ne pourra se faire que par le biais des taxes, les marges du secteur étant trop faibles, a déclaré lundi le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

"Le problème, ce n'est pas que c'est une bonne ou une mauvaise décision", a estimé Jean-Louis Schilansky sur BFM TV. "Le problème, c'est comment le faire. La seule façon de le faire, c'est de jouer sur les taxes."

Du raffinage à la distribution, les marges du secteur ne sont que de 20 centimes par litre et d'un centime seulement pour la distribution, a-t-il ajouté en brandissant la menace d'un "risque d'approvisionnement" du marché français si le gouvernement choisissait d'utiliser ces marges.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, n'a pas exclu un blocage temporaire des prix des carburants dans les prochaines semaines si ceux-ci continuent à augmenter.

Il a annoncé le 8 août qu'une mission allait se pencher sur la formation et la transparence des prix des carburants, ce qui semble indiquer que la piste des marges est privilégiée.

Selon un sondage Ifop pour l'Humanité à paraître mardi, 88% des Français sont favorables à un blocage temporaire puis une baisse des prix du carburant. Ils ne sont en revanche que 44% à penser que cet engagement de campagne de François Hollande sera tenu.

François Hollande avait proposé pendant la campagne présidentielle de bloquer les prix des carburants pendant une période de trois mois. Mais ce blocage n'avait finalement pas été mis en oeuvre en raison d'une baisse des cours du pétrole.

Cependant, les prix des carburants se sont mis à augmenter en juin, du fait de l'augmentation du baril de brent et d'une dépréciation de l'euro par rapport au dollar.

Agir sur les taxes, comme le propose l'Ufip, représenterait un défi pour le gouvernement, puisqu'un manque à gagner de 10 centimes par litre représenterait une perte de recettes de 4 milliards d'euros par an au moment où l'exécutif doit trouver 33 milliards d'euros pour boucler son budget 2013.

Le sondage Ifop a été réalisé en ligne du 9 au 11 août auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, choisi selon la méthode des quotas.

Yves Clarisse et Patrick Vignal

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