Les taux négatifs peuvent réduire de 10% les profits bancaires-M. Stanley

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    LONDRES, 17 février (Reuters) - Toute accentuation de la 
politique de taux d'intérêt négatifs de la Banque centrale 
européenne (BCE) pourrait amputer de 5% à 10% les bénéfices des 
banques de la zone euro, estiment les analystes de Morgan 
Stanley dans une note mercredi.  
    Le secteur bancaire a perdu près d'un quart de sa valeur 
boursière depuis le début de l'année en raison des inquiétudes 
pour la croissance et de son exposition au secteur de l'énergie. 
    Certains observateurs craignent aussi que les taux négatifs, 
censés inciter les banques à prêter donc soutenir l'activité, ne 
deviennent un problème supplémentaire pour le secteur en érodant 
leurs marges et en les obligeant à augmenter leurs tarifs. 
    "Toute expansion du QE (quantitative easing, assouplissement 
quantitatif) de la BCE risque de transformer l'effet positif en 
effet négatif pour de nombreuses banques de la zone euro, ce qui 
pourrait signer la fin de la banque gratuite en Europe et ouvrir 
la voie à une évolution vers des modèles basés sur les 
commissions", explique la note de Morgan Stanley.  
    Le taux négatif pratiqué par la BCE sur les dépôts des 
banques auprès d'elle est difficile à répercuter sur les clients 
des établissements concernés car cela risquerait de favoriser 
les retraits au guichet, donc d'affaiblir les bilans du secteur. 
    Selon les analystes de Morgan Stanley, une réduction de 20 
points de base du taux de dépôt, actuellement fixé à -0,30%, 
réduirait d'environ 10% en moyenne les bénéfices des banques de 
la zone euro en 2017 et se traduirait par une diminution de 80 à 
90 points de base de leur rentabilité ROTE (return on tangible 
equity).  
    "Les banques allemandes, qui ont des dépôts excédentaires, 
se distinguent. Soixante pour cent de tous les dépôts 
excédentaires à la BCE proviennent des banques allemandes et 
nous nous attendons à une faible croissance des prêts", ajoute 
la note.  
    "Puisque les taux devraient rester bas plus longtemps, la 
pression sur les marges est appelée à devenir l'un des 
principaux motifs de préoccupation des banques européennes en 
2016." 
        
 
 (Anjuli Davies; Marc Angrand pour le service français, édité 
par Wilfrid Exbrayat) 
 

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