Les taux ne peuvent aller trop loin en territoire négatif-Villeroy

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    BERLIN, 8 juin (Reuters) - François Villeroy de Galhau, 
gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des 
gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a dit 
mercredi qu'on ne pouvait enfoncer à l'infini les taux d'intérêt 
en territoire négatif, ajoutant qu'il fallait utiliser cet outil 
avec prudence. 
    "Les instruments non conventionnels ne sont pas tous 
légitimes; il y a des limites au chemin que les taux d'intérêt 
peuvent parcourir dans le négatif. Donc ce type de mesure non 
conventionnelle a son utilité mais doit être manié avec 
prudence", a-t-il dit lors d'une conférence à Berlin. 
    Le taux de refinancement, principal taux directeur de la 
BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal 
à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à -0,4%. 
    La politique ultra-accommodante de la BCE, avec un programme 
de rachat d'actifs en plus des taux d'intérêt négatifs, fait 
l'objet de critiques en Allemagne, Wolfgang Schäuble, le 
ministre des Finances, ayant par exemple dit fin mai que les 
mesures prises par la BCE n'étaient pas les meilleures pour la 
première économie européenne.  ID:nL8N18R1UZ  
    François Villeroy de Galhau a estimé que les critiques 
allemandes devaient conduire la BCE à mieux expliquer ses 
décisions, tout en ajoutant que l'institut d'émission ne pouvait 
fonder sa politique monétaire sur les intérêts de certains pays. 
    "Je voudrais dire que nos récentes décisions de politique 
monétaire sont essentiellement en conformité avec les principes 
de stabilité que la culture allemande incarne à merveille", 
a-t-il ajouté. 
    Le gouverneur de la Banque de France a également dit que la 
création de "monnaie hélicoptère", expression qui désigne la 
distribution d'argent aux ménages pour stimuler la croissance 
économique, ferait plus de tort que de bien. "Nous n'en avons 
pas besoin et ce n'est pas d'actualité." 
    François Villeroy de Galhau a enfin signalé que la BCE avait 
le devoir de protéger la stabilité des prix dans les deux sens, 
observant toutefois que le risque de déflation était plus grand 
que celui d'une inflation forte.      
 
 (Noah Barkin et Michelle Martin, Benoit Van Overstraeten pour 
le service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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