Les taux devraient rester bas en 2011

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La légère remontée amorcée début décembre ne serait pas le signe annonciateur d'une hausse durable des taux de crédit offerts par les banques.

Cela restera une année record. En 2010, les taux de crédit ont touché leur seuil historique, atteignant au mois de novembre, 3,22% en moyenne sur 15 ans. Un plus bas depuis 65 ans. Taux directeur de la Banque centrale européenne maintenu à 1% et forte baisse des taux des obligations émises par l'Etat français (les fameuses OAT sur lesquelles s'appuient les banques pour fixer leurs taux de crédit), «en 2010 les banques ont pu prêter à bas coût tout en se finançant elles-mêmes à moindre frais», explique Maël Bernier chez le courtier en ligne Empruntis . «Certaines banques sont même allées plus loin, pour de très bons dossiers elles ont proposé 2,90% sur 15 ans», confirme Philippe Taboret, directeur général de Cafpi.

Mais ces conditions intéressantes vont-elles se prolonger en 2011 ? La légère remontée des taux amorcée en décembre est-elle le signe d'une inversion de tendance ? Les candidats à l'acquisition ont-ils intérêt à se précipiter pour profiter d'un crédit moins cher ?

La faute à l'Irlande et au mois de décembre

«Les inquiétudes sur l'Irlande, l'Espagne, le Portugal, et même sur la France, qui est aussi regardée de très près, ont eu pour conséquence un relèvement des OAT. La légère hausse des taux intervenue début décembre est directement liée à cela», affirme Maël Bernier. Mais pas seulement. Pour les courtiers, la fin de l'année est aussi responsable de cette remontée des taux. «Au mois de décembre, la plupart des banques ont atteint leurs objectifs et font moins d'effort sur les taux pour attirer les nouveaux clients», explique Christian Camus, directeur général de Meilleurs Taux. Certains établissements font d'autant moins d'effort qu'ils sont submergés par les demandes des clients. Avec la fin de la déductibilité des intérêts d'emprunt prévu au 31 décembre, les primo accédants se ruent chez leur banquier. D'autres clients veulent aussi renégocier leur prêt dont le taux est bien supérieur à ceux pratiqués actuellement. Chez Meilleurs Taux, la renégociation des contrats a représenté 30% de l'activité en 2010, et près de 40% chez Empruntis.

Crédibilité

La surchauffe temporaire ne serait donc pas inquiétante, notamment car les banques continuent de prêter. Les courtiers refusent de jouer les voyants, mais aucun d'eux n'envisagent de fortes variations des taux dans les prochains mois. Tout au plus des oscillations à la hausse ou à la baisse, en fonction de la réussite des plans d'aide au pays européens. «Nous ne sommes pas dans une période d'inflation galopante qui justifierait l'intervention de la Banque centrale européenne. Jean-Claude Trichet (NDLR : gouverneur de la BCE), ne prendra pas le risque de casser la reprise européenne encore fragile en relevant le taux directeur», estime Maël Bernier. «Les économistes des grandes banques tablent sur une légère remontée des taux long au deuxième semestre 2011. Dans tous les cas, passer d'un taux à 3 % à un taux à 3,10% ne représente que 20 euros supplémentaires sur le remboursement mensuel. Pas de quoi empêcher un acte d'achat», relativise Christian Camus. «Tant que la France est crédible, qu'il n'y a pas de doute sur le remboursement de sa dette, il n'y aura pas de grands mouvements», conclut-il.

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