Les taux des crédits immobiliers remontent

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Trois banques viennent de relever légèrement leurs taux. D’autres devraient suivre. La demande de prêts explose.

Les taux des crédits immobiliers ont battu un nouveau record en mai. Les Français se sont endettés à 2,01 % en moyenne (hors assurance), note l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Les taux des prêts sur 15 ans se négocient à 2 % en moyenne et ceux sur 20 ans à 2,3 %, selon le courtier Vousfinancer.com.

Juin devrait signer la fin de dix-huit mois ininterrompus de baisse des taux des prêts immobiliers. L’emprunt d’État français à dix ans (OAT), qui sert de référence au calcul des crédits à taux fixe, est sensiblement remonté ces dernières semaines, passant de 0,4 % mi-avril à 1,01 % mardi. Du coup, certaines banques commencent à relever leurs taux. LCL a été la première fin mai (+0,1 %). Deux autres établissements viennent de lui emboîter le pas: Société générale, avec une hausse de 0,2 % et deux caisses régionales de la Caisse d’épargne, avec des augmentations comprises entre 0,05 % et 0,15 %.

Les taux des crédits accordés aux ménages achetant un logement neuf ont, eux, commencé à grimper le mois dernier, passant de 2,02 % en avril à 2,06 %, selon Crédit Logement. D’autres établissements pourraient revoir leur politique commerciale dans les jours qui viennent, surtout si le taux de l’OAT se maintient au-dessus de 1 %. «Certaines banques nous ont fait comprendre qu’elles allaient relever leurs taux courant juin», prévient Ludovic Huzieux chez Artémis Courtage. D’autres encore attendront juillet et août, selon Sandrine Allonier, responsable banques chez Vousfinancer.com.

Les hausses attendues devraient dans un premier temps, rester modérées et être donc quasiment indolores pour les emprunteurs. «Les banques ont désormais des marges confortables sur les crédits immobiliers, qui leur permettent d’amortir la hausse des taux d’intérêt», explique Hervé Hatt, président de Meilleurtaux.com.

Le marché des crédits immobiliers en plein boom depuis janvier

Concurrence oblige, les établissements s’observent aussi beaucoup avant d’agir. «Le crédit immobilier reste un outil de conquête de clients. Et aucun établissement n’a envie de casser la dynamique du marché en augmentant fortement ses taux», explique Sandrine Allonier. Le marché des crédits immobiliers est en plein boom depuis janvier. Banquiers, courtiers, mais aussi assureurs (assurance emprunteur) et organismes de cautionnement comme Crédit Logement sont littéralement pris d’assaut par des acquéreurs de plus en plus nombreux et par des emprunteurs désireux de renégocier le taux de leur emprunt. Ce qui provoque de véritables embouteillages. Résultat, les délais pour décrocher un prêt s’allongent considérablement. Il faut parfois plus de trois mois pour faire racheter son crédit par une banque concurrente. Les rachats de crédit n’ont jamais été nombreux. «Ils représentent près de la moitié des montants prêtés par les banques», souligne Catherine Lanvario, chez Crédit Logement. Du jamais-vu. Certains réseaux ont encouragé ces opérations. Ces derniers mois, BNP Paribas a directement contacté ses clients pour leur proposer de renégocier leur prêt et éviter qu’ils s’adressent à la concurrence.

Profitant de l’afflux de la demande, les banques sont de plus en plus sélectives, privilégiant plus que jamais les bons clients, ayant de bons revenus et de l’épargne. «En ce moment, certaines d’entre elles n’acceptent que les clients gagnant plus de 40 000 euros par an», note Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Ce qui va fragiliser les jeunes achetant leur premier logement et qui sont un peu plus présents sur le marché immobilier depuis quelques mois. La fin de l’année risque d’être un peu moins confortable. «Les taux des crédits devraient surtout grimper à partir de septembre. En fin d’année, ils pourraient être 0,5 % plus chers qu’aujourd’hui», prévoit-il. Les particuliers pourraient donc s’endetter en fin d’année à des taux proches de ceux de janvier dernier (2,5 % sur 15 ans et 2,8 % sur 20 ans) «La tendance haussière devrait continuer en 2016 », anticipe Philippe Taboret.

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  • lsleleu le mardi 2 juin 2015 à 23:45

    A 16h03 un article de relax news nous indique que les taux de crédit ne cesse de diminuer et cet article a 20h14 du figaro nous dit que les taux remontent.... Comme quoi l'information est curieuse.