Les taux de la BCE inchangés malgré les risques sur l'activité

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LA BCE MAINTIENT SES TAUX DIRECTEURS INCHANGÉS
LA BCE MAINTIENT SES TAUX DIRECTEURS INCHANGÉS

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé mercredi ses taux directeurs inchangés à leur plus bas historique, résistant aux appels en faveur d'une sortie des mesures prises pour lutter contre la crise de la dette souveraine et soutenir une reprise toujours chancelante dans la zone euro.

Une série d'indicateurs économiques récents et la remontée des coûts d'emprunt de l'Espagne ont ravivé les craintes d'une rechute de la zone euro en récession et d'une résurgence de la crise de la dette souveraine.

"Les risques baissiers sur les perspectives économiques prédominent", a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi, lors de la conférence de presse qui suit traditionnellement l'annonce de la décision du conseil des gouverneurs sur les taux d'intérêt.

Le taux de refinancement est resté fixé à 1,0%, le taux de la facilité de dépôt à 0,25% et le taux de prêt marginal à 1,75%.

Menées par la Bundesbank, plusieurs banques centrales des pays les moins endettés et les mieux notés de la zone euro veulent que la BCE en revienne à une politique monétaire plus orthodoxe.

La BCE, sous la houlette de son nouveau président Mario Draghi, a mené en décembre et en février deux opérations de refinancement à trois ans qui lui ont permis d'injecter plus de 1.000 milliards d'euros dans le système financier.

Le groupe emmené par la Bundesbank redoute que ces mesures, qui ont vraisemblablement évité une crise de liquidité dans la zone euro, n'entraînent des pressions inflationnistes.

Interrogé sur la stratégie de sortie des mesures de politiques monétaires non conventionnelles, Mario Draghi a estimé que le sujet était prématuré, ajoutant : "Je pense que le président de la BCE est celui qui a le dernier mot là-dessus."

MESURES TEMPORAIRES

Dans ses remarques liminaires, le président de la BCE s'est attaché à rassurer sur les risques inflationnistes que les injections massives de liquidités pourraient faire peser.

"Toutes nos mesures de politiques (monétaire) non conventionnelles sont temporaires par nature", a-t-il dit. "Tous les outils nécessaires sont disponibles pour faire face aux risques haussiers sur la stabilité des prix à moyen terme d'une manière ferme et opportune.

Le taux d'inflation au sein de la zone euro a reflué à 2,6% en rythme annuel en mars mais il reste très supérieur à l'objectif de moyen terme de 2,0% de la BCE.

Toutefois, les menaces sur la croissance et le risque de résurgence de la crise des dettes souveraines avec les tensions sur les taux espagnols ne permettaient pas à la BCE d'ouvrir la voie à une hausse de taux à venir ou à une sortie des mesures extraordinaires de financement du système bancaire.

"Je ne pense pas que j'amplifie ma rhétorique sur l'inflation", a pris soin de préciser Mario Draghi.

L'Espagne a vu ses coûts d'emprunt bondir mercredi après une adjudication qui a favorisé le repli des marchés boursiers, le budget draconien dévoilé par Madrid ne suffisant pas à calmer l'inquiétude des investisseurs face à l'endettement du pays.

Les difficultés de l'Espagne ont fait passer au second plan le retour réussi du Portugal sur les marchés à court terme.

Lisbonne a placé sans mal mercredi un milliard d'euros de bons à 18 mois, soit l'échéance la plus longue adjugée par Lisbonne depuis mars 2011, avant l'octroi d'une aide internationale.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, avait toutefois déclaré auparavant que l'Europe devait se tenir prête à aider davantage le Portugal, dont le retour sur les marchés financiers à long terme n'est pas attendu avant la mi-2013.

La BCE estime avoir fait suffisamment pour lutter contre la crise de la dette souveraine et Mario Draghi a renvoyé les exécutifs concernés à leurs responsabilités.

"Les marchés demandent à ces gouvernements de tenir parole", a-t-il déclaré.

Il a minimisé les craintes que les injections massives de liquidités aient pu instaurer une dépendance des banques aux liquidités de la banque centrale.

"Nous ne voyons aucun signe que les banques soient dépendantes de la BCE", a-t-il dit.

Benoit Van Overstraeten et Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • talobre le mercredi 4 avr 2012 à 14:55

    Toujours aussi fort ces Allemands