Les taux bas, un risque pour les assureurs-BCE

le , mis à jour à 17:01
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(Actualisé avec précisions, citations, contexte) LONDRES, 28 mai (Reuters) - Les taux proches de zéro exercent une pression croissante sur les banques et les assureurs, et une vive correction des marchés d'actions et d'obligations pourrait compromettre la reprise en zone euro, estime la Banque centrale européenne (BCE). Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, la banque centrale a ajouté que le risque grec pour les Etats de la zone euro avait "fortement augmenté" mais que leurs coûts d'emprunts étaient abaissés par le plan de rachats d'actifs de la BCE. Toutefois, la faiblesse des taux a un effet secondaire négatif pour les compagnies d'assurance qui ont du mal à trouver des actifs ayant des rendements suffisants pour couvrir leurs coûts et pour les banques qui peinent à dégager des profits. Ces propos font écho à des avertissements lancés par le Fonds monétaire international et des régulateurs européens. "De telles conditions de marché représentent un défi important pour la rentabilité à moyen terme des compagnies d'assurance, avec le risque que cela n'entraîne une érosion de leurs fonds propres à long terme", dit le rapport de la BCE. "L'impact d'un environnement de taux d'intérêt bas affecte tout particulièrement les assureurs-vie qui ont garanti des rendements élevés et qui sont confrontés à un important décalage en terme d'échéances entre leur actif et leur passif." Le vice-président de la BCE Vitor Constâncio a ajouté que le plus gros risque pour la stabilité financière était celui d'une correction sur les marchés financiers, qui pourrait compromettre la timide reprise économique du bloc européen. "Par rapport à une prise de risques croissante sur le plan financier, la prise de risque économique dans la zone euro reste à la traîne", relève la BCE dans son rapport. "Malgré (...) des signes d'amélioration des conditions économiques, le risque d'une faible croissance nominale persistante reste un défi pour la stabilité financière dans la zone euro." La banque centrale estime en outre qu'une faible croissance nominale pourrait soulever des inquiétudes sur la gestion durable de la dette souveraine et de celle des entreprises. Selon l'institution de Francfort, l'expansion du système bancaire parallèle ("shadow banking") constitue aussi un risque pour la stabilité financière de la zone euro. Quant à la Grèce, le vice-président de la BCE s'est déclaré confiant qu'elle ne sortirait pas de la zone euro, tout en estimant qu'elle pourrait faire défaut sur son plan d'aide. "Le résultat final () est qu'une sortie de la Grèce n'arrivera pas", a-t-il dit. "Cela n'exclut pas que plusieurs choses qui ne sont pas agréables puissent se passer." En ce qui concerne la situation des banques grecques en cas de défaut, il a dit: "Elles peuvent supporter l'impact d'une décote importante de la dette publique grecque." Il a également laissé entendre que la BCE ne les exclurait pas automatiquement de ses financements d'urgence. (Marc Jones, avec John O'Donnell à Francfort et Francesco Canepa à Londres, Myriam Rivet et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • renard le jeudi 28 mai 2015 à 16:55

    Méfions-nous des taux bas et encore plus des taux biras.!

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