Les tarifs progressifs du gaz et de l'électricité serviront aussi les économies d'énergie

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L'instauration de tarifs progressifs du gaz et de l'électricité participe directement de la transition énergétique chère à l'Élysée.
L'instauration de tarifs progressifs du gaz et de l'électricité participe directement de la transition énergétique chère à l'Élysée.

Cette mesure devrait entrer en pleine application à l'automne 2013 au plus tôt



Dans l'air depuis de longues semaines, elle prend tout son sens dans ce contexte d'érosion permanente du pouvoir d'achat. L'instauration de tarifs progressifs du gaz et de l'électricité dans nos frontières revêt cependant aussi un aspect environnemental, comme l'a rappelé François Brottes, spécialiste des questions énergétiques et président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale.


Elle repose en effet sur un objectif de baisse de la consommation des ménages et a ce faisant vocation à favoriser les économies d'énergie, donc la transition énergétique que l'Élysée continue d'appeler de ses voeux malgré l'immense complexité de la mise en oeuvre de ce grand dessein, son coût et la dégradation de la conjoncture économique. Déposée aujourd'hui au Palais Bourbon, la proposition de loi devrait être adoptée sans difficultés compte-tenu de la composition de l'hémicycle, qui a nettement basculé à gauche au terme du dernier scrutin législatif.


« (Le dispositif) devrait instaurer trois paliers distinguant les consommations de base, qui seront facturées à un niveau inférieur au tarif moyen, et celles de confort et de gaspillage, qui coûteront plus cher », résument nos confrères de Reuters, qui précisent également que « le dispositif prendra en compte les volumes consommés, mais aussi la localisation géographique des logements, le nombre de personnes par foyer et le mode de chauffage ».



Plus de justice sociale et d'économies d'énergie


Interrogé par l'Agence, M. Brottes a de son côté indiqué qu' « un compte de la Caisse des dépôts gèrera les bonus et les malus ». De même, « obligation sera faite aux pouvoirs publics de contacter les ménages en malus pour essayer de les accompagner dans une amélioration de l'économie d'énergie», étant entendu qu'il n'est pas question de s'acharner sur les plus démunis au motif que l'isolation de leur logement n'est pas conforme aux standards actuels du développement durable.


Les foyers pénalisés en raison de la mauvaise isolation de leur habitat pourront utiliser leur malus pour obtenir une réduction de loyer, a par ailleurs fait savoir M. Brottes, à quelques jours de l'ouverture de la conférence environnementale, qui précèdera un débat très attendu sur la transition énergétique. Celui-ci n'éludera pas la question de la précarité, un gigantesque chantier auquel le gouvernement ambitionne de s'attaquer via des centaines de milliers de rénovations par an. D'où, pour peu que cet objectif soit atteint, d'importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre.


Outre une généralisation de l'interdiction des coupures de gaz et d'électricité durant les mois d'hiver, la proposition de loi précitée prévoit quant à elle de jeter les bases d'une tarification progressive de l'eau et d'élargir à quatre millions le nombre de ménages bénéficiant des tarifs sociaux, contre six cent mille aujourd'hui. Vaste programme.


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