Les tarifs du téléphone fixe augmentent dans l'indifférence générale

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Orange a annoncé une hausse de 6% du prix de l'abonnement mensuel à une ligne fixe traditionnelle. L'avenir du téléphone d'antan est plus que jamais compromis.

La nouvelle est passée inaperçue. Depuis mardi, Orange a augmenté les prix de ses abonnements au téléphone fixe traditionnel. Le tarif mensuel pour les abonnés qui se servent encore du réseau de téléphonie commuté (RTC) pour passer leurs appels grimpe de un euro à 17,96 euros en métropole, soit une hausse de 6%. Il augmente de 0,84 à 0,91 centime dans les DOM. Le prix de la minute de communication bondit de 23,5% à 0,21 centime. Seule bonne nouvelle: l'alignement des tarifs des communications vers les fixes d'Europe et d'Amérique du nord sur le tarif local. Même chose pour les appels vers les fixes et les mobiles des DOM qui seront alignés sur le tarif local métropole.

Orange justifie ces hausses par «la stabilité des coûts d'entretien du réseau téléphonique et de notre réseau commercial, au regard de la forte décroissance des clients sur les offres de voix». Le nombre d'abonnés au fixe traditionnel chute en effet de manière constante, concurrencé par les offres des box qui se servent de la téléphonie en voix sur large bande. Selon les derniers chiffres de l'Arcep, sur les 38,8 millions d'abonnements à un service téléphonique sur les réseaux fixes comptabilisés fin septembre 2014, le nombre d'abonnements RTC était de 14,5 millions, soit un recul de 1,6 million sur un an. «Le reflux du nombre d'abonnements à la téléphonie traditionnelle se poursuit depuis plusieurs années, et s'effectue sur un rythme annuel proche de deux millions depuis plus de deux ans», constate le gendarme des télécoms.

Les abonnements à la voix sur large bande représentent désormais 63% (24,4 millions) du nombre total d'abonnements à un service téléphonique sur les réseaux fixes. Parmi ces derniers, 19,1 millions étaient des abonnements sur les lignes DSL s'affranchissant complètement du RTC, un chiffre en croissance de 1,3 million en un an.

La fin du fixe prévue pour 2022

L'enjeu économique est important pour l'opérateur historique qui doit entretenir un réseau de moins en moins utilisé et qui lui rapporte de moins en moins. «Le revenu des communications RTC (260 millions d'euros hors taxe au troisième trimestre 2014) se réduit depuis plus de dix ans. Le rythme annuel de cette baisse est d'environ 20% depuis le début de l'année 2011», note l'Arcep.

D'où la nécessité d'orienter les abonnés vers des offres plus modernes. Orange prévoit l'arrêt de la commercialisation de ces services RTC à partir de fin 2017 en France. A cette date, l'opérateur historique ne commercialiserait plus que des offres de services voix de nouvelle génération exclusivement sur IP.

Cette option est encouragée par l'Autorité de la statistique publique qui, dans un récent rapport, préconise l'arrêt du réseau cuivre au profit de la fibre. La bascule se fera progressivement, en même temps que le déploiement de la fibre qui doit couvrir de manière intégrale le territoire en 2022. Orange compte investir 4,5 milliards d'euros dans la fibre entre 2015 et 2018.

La nouvelle ne devrait pas forcément ravir les familles et seniors qui selon l'Arcep constituent la majorité des abonnés au fixe traditionnel. La transition ne sera pas non plus aisée pour l'ensemble des professionnels, entrepreneurs, artisans ou commerçants, qui se servent encore du fixe. Au total, le changement d'un abonnement historique à la fibre impactera plus de 40.000 secteurs, des terminaux de paiement par cartes qui fonctionnent encore via le vieux réseau téléphonique à l'aviation civile en passant par les systèmes de surveillance des ascenseurs.

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