Les tarifs de la SNCF vont augmenter de 2 à 3% fin janvier

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Selon la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, le gouvernement a dit non à la demande de la SNCF d'augmenter les tarifs des billets de train de 5%.

La SNCF n'a pas été totalement entendue par le gouvernement. L'augmentation attendue fin janvier du prix des billets de train sera «probablement entre 2 et 3%», un niveau supérieur à l'inflation mais en dessous de ce que souhaitait la SNCF, selon la ministre de l'Ecologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet. «La SNCF nous demandait 5%. On a dit que ce n'était pas possible et on sera probablement entre 2 et 3%», a déclaré la ministre ce mardi sur la radio RMC. Elle a justifié cette hausse à venir, considérée comme raisonnable par le gouvernement, par l'augmentation des péages que la SNCF doit payer à Réseau ferré de France (RFF) pour faire circuler ses trains et par les investissements nécessaires au renouvellement des matériels.

En 2010, RFF percevra 1,5 milliard d'euros des péages de la SNCF, pour l'utilisation de son réseau à grande vitesse. Début décembre, l'entreprise propriétaire des réseaux d'infrastructure ferroviaire avait lancé un cri d'alerte, estimant que l'avenir du réseau de lignes à grande vitesse n'était pas assuré en France à cause du manque d'investissements pour la rénovation. RFF a estimé que pour pouvoir gérer durablement le réseau à grande vitesse, il lui faudrait percevoir deux milliards d'euros par an. Et les péages devraient plutôt atteindre 40 % du prix du billet de TGV, au lieu de 30% actuellement.

 

Usagers en colère

 

Toujours est-il que la perspective d'une hausse des tarifs de la SNCF, fût-elle de 2 à 3% au lieu des 5% réclamés par la société ferroviaire, risque d'accroître encore la colère des usagers. Depuis plusieurs jours, les abonnés de plusieurs lignes SNCF ont décidé d'observer une «grève» de présentation de leurs titres de transport pour protester contre la dégradation du service fourni par le transporteur. Ainsi, après les usagers de la ligne Angers-Le Mans-Paris, ce sont ceux de la ligne TGV Paris-Tours qui expriment actuellement leur ras-le-bol. Quelque 300 abonnés des lignes reliant Arras, Douai, Dunkerque et Lille à l'Ile-de-France vont également se joindre à cette grève.

«Cette mobilisation est à la hauteur du mécontentement des usagers, tant du TGV que des TER», selon Willy Colin, un porte-parole de l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer de la région Ouest (Avuc) qui a initié une pétition nationale au Mans début janvier. Cette pétition comptait «plus de 7500 signataires» vendredi dernier. Les usagers se plaignent notamment des retards à répétition sur le réseau ferroviaire et des mouvements sociaux.

Leur colère, rampante depuis de longs mois, a par ailleurs été alimentée par les fortes perturbations du trafic qu'ont entraîné les épisodes neigeux en décembre dernier. Le syndicat Sud-Rail et l'association d'usagers FUT-SP avaient ainsi moqué la SNCF, estimant que le transporteur avait «peur de la neige» et aurait mis certaines lignes de TER en «service minimum» pour cette raison. Les TGV, quant à eux, ont été ralentis à 220 km/h dans les régions concernées par les intempéries, ce qui a provoqué des retards.

 

Un «plan d'urgence» pour les lignes «malades»

 

Dans ce contexte tendu, Guillaume Pepy, président du groupe SNCF, a annoncé un «plan d'urgence» pour 12 lignes ferroviaires «malades», comme les liaisons Paris-Amiens, Paris-Tours ou la ligne A du RER. «Sur chaque ligne, on va mettre en place un baromètre public de satisfaction des clients, qui sera mesuré chaque mois», a-t-il précisé au «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI». Interrogé sur le coût d'un tel plan, Guillaume Pepy a répondu que la facture s'élèverait à «plusieurs dizaines de millions d'euros», puisés dans les «bénéfices» du groupe, qui sont «entièrement réinvestis». Mais selon Pascal Mignot, porte-parole des usagers de la ligne Le Mans-Paris, «ces déclarations ne nous convainquent pas, c'est pour amuser la galerie…».

Mi-décembre, le patron de la SNCF avait promis dans un entretien au Journal du Dimanche que les tarifs des billets TGV et grandes lignes resteraient «accessibles à tous». Aujourd'hui, les usagers en colère veulent plus que des promesses. L'ensemble des associations demande une compensation par abonné de 250 à 300 euros et un gel des tarifs pour 2011.

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