Les taliban parlent succession après mort de leur dirigeant

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 (Actualisé avec Obama, précisions) 
    par Mirwais Harooni et Phil Stewart 
    KABOUL/WASHINGTON, 23 mai (Reuters) - Le conseil dirigeant 
des taliban afghans était réuni lundi pour désigner le 
successeur du mollah Akhtar Mansour, dont le président américain 
Barack Obama a annoncé la mort dans une frappe de drone ce 
week-end au Pakistan. 
    Les taliban n'ont pas confirmé la mort de leur chef, qui 
avait succédé l'an dernier à leur fondateur, le mollah Omar, 
deux ans après la mort, gardée secrète, de ce dernier.  
    Mais plusieurs responsables du mouvement islamiste ont 
déclaré que la choura Rahbari, ou conseil de direction, était 
réunie depuis dimanche pour aborder la question des éventuels 
successeurs et éviter tout risque de scission. 
    Le nom du commandant Sirajuddin Haqqani, dont la tête est 
mise à prix cinq millions de dollars par les Etats-Unis, a été 
évoqué, ont précisé ces sources. 
    En visite au Vietnam, Barack Obama a déclaré dans la nuit de 
dimanche à lundi que le mollah Mansour avait bien été tué dans 
la frappe de drone menée samedi dans une région reculée du 
Balouchistan, proche de la frontière afghano-pakistanaise, 
confirmant l'annonce faite dimanche par le chef de l'exécutif 
afghan, Abdullah Abdullah. 
    Le Pakistan, qui a accusé Washington d'avoir violé sa 
souveraineté en menant cette frappe sans l'en avertir, n'a 
fourni que peu de détails sur les circonstances de l'attaque. 
    Qualifiant la disparition du mollah Mansour de "tournant", 
Barack Obama a déclaré que le dirigeant des taliban constituait 
un obstacle à la paix en Afghanistan. 
     
    OBAMA ESPÈRE RELANCER LA PAIX 
    "Il rejetait les efforts du gouvernement afghan visant à 
lancer sérieusement des pourparlers de paix et à mettre fin à la 
violence", a-t-il souligné dans une déclaration diffusée par la 
Maison blanche en marge de sa visite au Vietnam. 
    "Les taliban devraient se saisir de cette occasion pour 
s'engager sur la seule voie véritable de nature à en finir avec 
ce long conflit: rejoindre le gouvernement afghan dans un 
processus de réconciliation qui mène à une paix et à une 
stabilité durables." 
    Rien n'indique cependant que les taliban sont prêts à 
emprunter cette voie et l'éventuelle nomination de Sirajuddin 
Haqqani à leur tête ne serait pas de bon augure. 
    Considéré comme l'un des plus dangereux chefs de guerre 
taliban, celui-ci est en effet jugé responsable d'attaques 
sanglantes, notamment celle survenue le mois dernier à Kaboul 
qui a tué 64 personnes.   
    Agé d'une quarantaine d'années, Sirajuddin Haqqani est le 
fils d'un chef des moudjahidine qui avait combattu l'occupant 
soviétique dans les années 1980. Il a été nommé adjoint du 
mollah Mansour l'an dernier.  
    "En se fondant uniquement sur des questions de hiérarchie, 
(Haqqani) apparaît comme le favori pour succéder à Mansour", a 
estimé l'expert du Woodrow Wilson Institute Michael Kugelman. 
    Thomas Ruttig, de l'Afghanistan Analysts Network, estime 
cependant qu'il sera difficile à Haqqani d'obtenir le soutien 
des commandants taliban du Sud afghan, dominants au sein du 
mouvement. Selon lui, l'autre adjoint nommé en même temps que 
lui en juillet 2015, Haibatullah Akhundzada, a également toutes 
ses chances.   
    Les taliban envisagent aussi la candidature du mollah 
Mohammad Yaqoob, fils du fondateur du mouvement mollah Omar, 
dont la filiation pourrait rassembler. Les mollahs Abdul Qayyum 
Zakir et Sherin, ex-détenus de Guantanamo, sont également 
mentionnés, ont indiqué les mêmes sources. 
 
 (Julie Carriat et Tangi Salaün pour le service français, édité 
par Marc Angrand) 
 
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  • GR207 le lundi 23 mai 2016 à 15:21

    Encore une conséquence des agissements de ces méchants américains qui nous attristent beaucoup en ayant soustrait à notre affection le mollah Mansour.