Les taliban afghans seraient prêts à parler paix-Pakistan

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(Actualisé avec démenti US, précisions) ISLAMABAD/KABOUL, Pakistan, 19 février (Reuters) - De hauts responsables de l'armée et de la diplomatie pakistanaises ont indiqué jeudi que les taliban afghans avaient fait savoir, via l'armée pakistanaise, qu'ils étaient disposés à parler de paix. Les précédentes tentatives de mettre fin à la guerre civile qui a commencé fin 2001 se sont révélées infructueuses. Mais le retrait l'an dernier des troupes américaines et étrangères d'Afghanistan a changé la donné et le nouveau président Ashraf Ghani a besoin d'établir la paix pour renforcer sa légitimité. La Chine a en outre offert récemment ses services pour jouer les médiateurs, ce qui semble avoir fait évolué la situation. Jeudi, un haut responsable militaire a dit que le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, Raheel Sharif, avait dit au président afghan Ashraf Ghani lors d'une visite cette semaine que les taliban étaient désireux d'entamer des négociations dès le début mars. "Ils ont manifesté leur intention et les choses avanceront en mars. Mais ces choses-là ne sont pas si rapides et faciles", a dit à Reuters ce responsable, réputé proche du chef de la puissante armée de terre pakistanaise. "Mais il s'agit de signaux très clairs(...)et nous l'avons fait savoir aux Afghans", a-t-il ajouté. LE DERNIER MOT AU MOLLAH OMAR Un membre important des taliban afghans, joint par téléphone au Qatar, a indiqué que ses négociateurs tiendraient une première série de discussions avec des responsable américains ce jeudi au Qatar. Mais l'information a été démentie à Washington. Une porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison blanche a indiqué que les Etats-Unis continueraient à soutenir un processus de réconciliation afghano-afghan via lequel les taliban et le gouvernement s'engageraient dans des pourparlers. Un haut conseiller d'Ashraf Ghani a confirmé que des négociations étaient espérées mais qu'il n'avait pas encore été décidé où elles se tiendraient. Le gouvernement afghan, a-t-il ajouté sous le sceau de l'anonymat, a demandé que les discussions se tiennent à Pékin. Ashraf Ghani n'a pas évoqué de discussions mais a promis la transparence. "Je ne mènerai pas de négociations sans que mon peuple le sache", a-t-il déclaré selon un communiqué publié par ses services. Selon un haut diplomate dans la région, Pékin n'est pas la seule ville envisagée pour la tenue de négociations. Les noms d'Islamabad, Kaboul et Dubaï ont également été évoqués. Quant aux taliban, ils souhaiteraient négocier alors qu'ils sont désormais moins soutenus par le Pakistan, qui s'est rapproché de l'Afghanistan depuis l'arrivée au pouvoir du président Ashraf Ghani. Par ailleurs, certains taliban ont fait allégeance à l'Etat islamique qui pourrait être considéré comme une menace l'Afghanistan. Le dernier mot reviendra au chef des taliban, le mollah Mohammad Omar, qui n'a plus été vu en public depuis 2001, indique un diplomate de Kaboul. "Les dirigeants taliban le consultent actuellement", a dit le diplomate. (Avec Jibran Ahmad à Peshawar au Pakistan; Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service françaispar)

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  • charleco le jeudi 19 fév 2015 à 09:32

    Nous allons assister à un nouveau Munich.