Les taliban afghans lancent leur offensive de printemps

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    par James Mackenzie 
    KABOUL, 12 avril (Reuters) - Les taliban afghans ont annoncé 
mardi le lancement de leur offensive de printemps contre le 
gouvernement soutenu par les Occidentaux, promettant de livrer 
une guerre d'usure et se fixant pour objectif de rétablir un 
"système islamique". 
    Le lancement de l'opération "Omari", qui tire son nom de 
l'ancien dirigeant et fondateur du mouvement, le mollah Omar, 
intervient quelques jours après la visite à Kaboul du secrétaire 
d'Etat américain John Kerry, qui a réaffirmé l'engagement des 
Etats-Unis au côté du gouvernement d'union nationale conduit par 
le président Ashraf Ghani. 
    "Le djihad contre l'armée infidèle agressive et usurpatrice 
est un devoir sacré qui repose sur nos épaules et notre seul 
moyen de rétablir un système islamique et de reprendre notre 
indépendance", proclament les taliban dans un communiqué. 
    Les taliban ont intensifié leurs opérations l'année dernière 
pour tenter de faire tomber le gouvernement de Kaboul, mis à mal 
depuis le départ de la majeure partie des troupes étrangères du 
pays à la fin 2014. 
    Dans leur communiqué, ils expliquent qu'ils recourront aux 
attaques-suicides et aux offensives terrestres mais aussi à des 
assassinats ciblés visant des commandants ennemis dans les 
centres urbains. 
    "L'opération emploiera tous les moyens qui sont à notre 
disposition pour harceler l'ennemi, miner le moral des 
envahisseurs étrangers et leurs milices armées." 
    Les taliban s'engagent par ailleurs à gouverner au mieux les 
zones qu'ils contrôlent et à éviter autant que possible de faire 
des victimes civiles et d'endommager les équipements publics. 
    Les forces armées afghanes et les responsables de l'Otan 
ignorent pour l'heure l'ampleur de l'offensive de printemps, 
mais ils ont déjà prévenu qu'ils s'attendaient à des combats 
acharnés en 2016. 
     
    UN TIERS DU PAYS MENACÉ 
    Depuis plusieurs mois déjà, l'Afghanistan est balayé par une 
vague de violence, de la province de Kunduz, dans le Nord, à 
celle d'Helmand, dans le Sud, à la frontière pakistanaise. 
    Dans cette région, les forces gouvernementales ont déjà 
amorcé un retrait, tactique selon Kaboul, pour concentrer leurs 
efforts sur la défense du chef-lieu de la province, Lashkar 
Gah.  
    Selon des hauts responsables de l'Otan, les taliban ne 
contrôlent dans les faits que 6% du pays, mais un tiers de 
celui-ci est menacé par les insurgés. 
    Le général américain John Nicholson, qui commande les 
dernières forces étrangères encore présentes sur le sol afghan, 
conduit actuellement une évaluation stratégique de la situation 
qui pourrait déboucher sur une réduction de près de moitié des 
effectifs américains, qui passeraient de 9.800 à 5.500 hommes 
d'ici la fin de l'année. 
    Si le projet est maintenu, il signerait la fin de 
l'essentiel des missions de formation et d'assistance dont 
bénéficie encore l'armée afghane.  
    Les derniers militaires américains encore en poste se 
concentreraient sur des opérations antiterroristes contre les 
groupes radicaux, l'Etat islamique notamment. 
    Les taliban afghans ont promu début avril un des fils du 
mollah Omar à la tête d'un de leurs comités militaires tout en 
le faisant intégrer le conseil de la Choura, leur organe 
décisionnaire.   
    Mohammad Yaqoob, fils aîné d'Omar, s'était un temps opposé 
l'an dernier à ce que l'actuel chef des taliban, Akhtar Mansour, 
prenne la tête du mouvement islamiste après l'annonce de la mort 
de son père, qui avait été tenue secrète, deux ans plus tôt. 
    La promotion du mollah Yaqoob et celle, simultanée, du 
mollah Abdoul Manan, un frère du mollah Omar, devrait asseoir 
l'autorité du nouveau chef des taliban, toujours contestée par 
des factions dissidentes. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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