Les Taïwanais votent pour leur président et les liens avec Pékin

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    par Faith Hung et Yimou Lee 
    TAIPEI/YILAN, Taïwan, 16 janvier (Reuters) - Les Taïwanais 
ont commencé à se rendre aux urnes samedi pour élire leur 
nouveau chef de l'Etat qui devrait, à en croire les sondages, 
être pour la première fois une femme et une partisane affichée 
de l'indépendance de l'île. 
    Le scrutin est suivi de très près à Pékin, qui a multiplié 
ces derniers mois les mises en garde contre toute velléité de 
déclaration d'indépendance de Taïwan. 
    Depuis l'élection de 2008 qui a vu la victoire du 
pro-chinois Ma Ying-jeou, les relations entre Taïwan et la Chine 
se sont réchauffées, en témoignent les nombreux accords 
commerciaux conclus entre Taïpei et Pékin et la rencontre 
historique de Ma et Xi Jinping en novembre. 
    Grande favorite du scrutin de samedi, Tsaï Ing-wen, à la 
tête du Parti démocratique progressiste (DPP), ne cache pas son 
hostilité à l'égard de Pékin où l'on continue de juger Taïwan 
comme une région rebelle qui doit revenir dans son giron, par la 
force si nécessaire. 
    La candidate indépendantiste a néanmoins joué l'apaisement à 
la veille du scrutin en prônant le maintien du statu quo entre 
les deux territoires. 
    Samedi, la dirigeante de l'opposition a dit avoir l'esprit 
tranquille et le sentiment du devoir accompli au moment de 
déposer son bulletin dans l'urne dans la banlieue de Taïpei. 
"Nous avons fait tout ce que nous pouvions. C'est maintenant aux 
électeurs de décider", a-t-elle dit. 
     
    "MA S'EST TROP RAPPROCHÉ DE LA CHINE" 
    Le Kuomintang, parti nationaliste au pouvoir depuis la 
sécession de l'île en 1949 et dont est issu le président sortant 
Ma Ying-jeou, a prévenu les électeurs que la question de la 
stabilité était le principal enjeu du scrutin. 
    Mais si les relations avec Pékin se sont améliorées ces 
dernières années, cela n'a pas empêché l'économie de l'île 
d'entrer en récession l'an dernier. 
    "Pendant les années où Ma Ying-jeou a été au pouvoir, 
l'économie n'a pas progressé mais s'est au contraire dégradée. 
Les gens pensent qu'il s'est trop rapproché de la Chine", résume 
Deng Chia-ling, une femme au foyer de 40 ans qui a voté pour 
Tsaï Ing-wen. 
    La popularité du DPP s'est envolée après les manifestations 
de 2014 contre les accords commerciaux signés par Ma avec la 
Chine, dont nombre de Taïwanais redoutent l'influence et les 
ambitions. 
    "Je n'ai pas peur de la Chine. Nous sommes un Etat 
démocratique et c'est la Chine qui a des leçons à prendre de 
nous", assène un paysan de 70 ans, qui dit s'appeler Chen, en 
faisant la queue devant un bureau de vote dans la région rurale 
de Yilan, à l'est de la capitale. 
    "Cette élection est vitale parce que nous défendre notre 
souveraineté", ajoute-t-il. 
    Les premiers résultats du vote devraient être connus à 
partir de 18h00 locales (10h00 GMT). 
     
 
 (Avec Ben Blanchard; Nicolas Delame et Tangi Salaün pour le 
service français) 
 )
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