Les syndicats reprennent la main sur la fronde bretonne

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PARIS (Reuters) - Quelques milliers de personnes ont défilé samedi dans quatre villes de Bretagne en réponse à l'appel à la mobilisation lancé par les syndicats pour reprendre la main sur la fronde sociale, menée ces dernières semaines par les "bonnets rouges" opposés à l'application de l'écotaxe poids lourds.

Les syndicats, parmi lesquels la CGT et la CFTC, avaient appelé les salariés à se rassembler pour l'emploi et le renforcement des mesures sociales du Pacte d'avenir pour la Bretagne lancé par le gouvernement.

"Tout le monde ne se mélange pas aujourd'hui, ce sont les salariés qui sont dans le cortège pour réclamer un véritable pacte social", a déclaré aux journalistes Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, en rappelant que le syndicat n'avait pas participé aux précédents rassemblements.

Il a notamment évoqué des mesures d'urgence en direction des salariés licenciés et des mesures d'anticipations pour tirer les leçons du passé sur le modèle économique breton.

Le ministre de l'agroalimentaire Guillaume Garot a promis que le Pacte d'avenir pour la Bretagne comprendrait une "dimension sociale" en prenant comme exemple le cas de la fermeture prévue de l'abattoir de porcs Gad à Lampaul-Guimiliau (Finistère) où 850 emplois sont concernés.

"Nous mettrons en oeuvre un contrat qui va permettre à chaque salarié licencié chez Gad de pouvoir toucher pendant 12 mois 100% de son net et surtout d'être accompagné pour rebondir, pour se reconvertir éventuellement, pour se former", a déclaré le ministre à la station de radio Europe1.

HUÉ ET CHAHUTÉ

Les manifestations de samedi étaient organisées à Lorient (Morbihan), Morlaix (Finistère), Rennes (Ille-et-Vilaine) et Saint-Brieuc (Côtes d'Armor).

Plusieurs rassemblement ont été récemment organisés par les "bonnets rouges", qui demandaient la suppression de l'écotaxe poids lourds, destinée à participer au financement de nouvelles infrastructures et dont l'application prévue au 1er janvier 2014 a été suspendue par le gouvernement.

Leur fronde a également touché des portiques et des bornes de collecte de l'écotaxe qui ont été dégradés ou démontés en France ces dernières semaines.

Figure des "bonnets rouges", le maire de Carhaix (Finistère) Christian Troadec était présent samedi dans l'un des cortèges. Il a été hué et chahuté, selon certains médias.

Selon le secrétaire général de la CGT Thierry Le Paon, le mouvement des "bonnets rouges" est le fait des employeurs, aux intérêts contraires à ceux des salariés rassemblés samedi.

"Ils réclament y compris de ne plus payer leurs cotisations sociales alors que l'on sait que la richesse créée par les salariés permet encore un autre financement des retraites, c'est un sujet encore d'actualité", a-t-il dit.

Certains manifestants refusaient cependant d'opposer les deux camps, qui défendent tous, disent-ils, l'emploi en Bretagne, particulièrement touchée par la crise de l'agroalimentaire.

Marion Douet, édité par Danielle Rouquié

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  • nayara10 le samedi 23 nov 2013 à 21:52

    La pensée unique resurgit ....