Les syndicats demandent une expertise sur Alstom

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LES SYNDICATS DEMANDENT UNE EXPERTISE SUR ALSTOM
LES SYNDICATS DEMANDENT UNE EXPERTISE SUR ALSTOM

PARIS (Reuters) - Le comité central d'entreprise (CCE) d'Alstom a voté mardi un droit d'alerte économique sur le groupe et mandaté un cabinet d'experts, a-t-on de source syndicale.

Le droit d'alerte économique est une procédure que le CCE peut déclencher pour obtenir un état précis de la situation d'une entreprise si celui-ci est jugée préoccupante.

"Il y a eu un vote à l'unanimité, toutes organisations syndicales confondues", a déclaré à Reuters André Fages, délégué de la CFE-CGC du site de Belfort et membre du CCE, selon qui la séance a ensuite été suspendue sine die.

Le CCE a mandaté le cabinet d'expertise Cecafi, qui suit habituellement le groupe, recentré sur ses activités dans le transport ferroviaire depuis la cession de sa branche énergie à General Electric.

"Nous voulons un état économique de la société et de l'impact des choix stratégiques de la direction sur l'entreprise", a ajouté André Fages.

La direction d'Alstom a pris acte du vote du CCE.

"C'est une demande d'expertise complémentaire aux expertises annuelles sur les comptes. Nous allons nous y conformer", dit-on de source proche des dirigeants de l'entreprise.

Les syndicats sont dans l'attente de propositions du gouvernement, détenteur provisoire de 20% des droits de vote au sein du groupe, pour sauver le site de Belfort, spécialisé dans la fabrication de motrices, dont la direction a annoncé il y a 15 jours le transfert en Alsace.

NOUVEAU CCE MARDI PROCHAIN

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, en discussion avec le gouvernement, a déclaré lundi, lors d'un CCE extraordinaire, vouloir attendre ces propositions et les étudier avant de statuer définitivement sur le sort du site de Belfort.

Selon des sources syndicales, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, recevra les syndicats vendredi ou au début de la semaine prochaine, pour leur présenter un "projet global" portant sur l'ensemble des sites d'Alstom.

Un comité d'entreprise de groupe au niveau européen est prévu mardi prochain. Selon Philippe Pillot, délégué Force ouvrière, c'est à cette occasion que la direction d'Alstom pourrait dévoiler ses intentions.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a mis en garde mardi le gouvernement contre la tentation de susciter des commandes "électoralistes ou artificielles" pour remplir les carnets de commande d'Alstom.

Si c'était le cas, "ça ne marchera pas durablement (...) On va régler le problème pendant deux ans et dans deux ans vous aurez le même problème à régler", a-t-il dit sur RTL.

"Les entreprises sont des êtres vivants qui s'adaptent dans un monde en mutation permanente. Donc, soit en effet il y a des commandes, des vraies commandes qui arrivent, et bravo, ce site de Belfort pourra être sauvé et se déployer", a-t-il ajouté. "Soit il n'y a pas de commande, il n'y a pas de marché, il faut adapter ce site. Par contre, il faut s'intéresser aux salariés, qui devront être accompagnés dans leur mutation."

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • M2310631 il y a 3 mois

    Ce droit syndical est inscrit dans les lois, les experts sont appelés par les syndicats, ils sont aussi appelés dans des sociétés en très bonne santé. Le seul point important est qu'il ne faut pas prendre des experts syndiqués CGT sinon on risque de ne pas assister à un vrai audit.