Les syndicats de Sanofi reçus par Arnaud Montebourg vendredi

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LES SYNDICATS DE SANOFI SERONT REÇUS PAR ARNAUD MONTEBOURG VENDREDI
LES SYNDICATS DE SANOFI SERONT REÇUS PAR ARNAUD MONTEBOURG VENDREDI

TOULOUSE/PARIS (Reuters) - Les syndicats de Sanofi ont annoncé jeudi qu'ils seraient reçus vendredi par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg pour évoquer le plan de restructuration du pôle recherche annoncé en juillet par le groupe pharmaceutique.

Selon la CFDT, de 1.200 à 2.500 salariés seraient menacés par ce plan sur un effectif total de 28.000 personnes en France, soit un quart de ses effectifs mondiaux.

Cette rencontre, prévue vendredi à 14h30 à Bercy, interviendra quelques jours avant la réunion mardi de comités centraux d'entreprise (CCE), et la tenue le 3 octobre d'un comité de groupe extraordinaire au cours desquels Sanofi doit chiffrer ce projet de réorganisation de son activité recherche.

Ce plan se justifie d'autant moins aux yeux des syndicats et du gouvernement que Sanofi reste largement bénéficiaire et que sa situation financière n'est ainsi pas comparable à celles de groupes en difficulté comme PSA Peugeot Citroën ou encore Alcatel Lucent, qui ont annoncé également des plans de restructuration.

"Lors de cette rencontre (avec le ministre), les coordonnateurs syndicaux porteront l'exigence des salariés d'une intervention gouvernementale pour obtenir l'abandon des projets de restructuration", lit-on dans un communiqué diffusé jeudi par l'intersyndicale (CFDT, CGT, CGC, FO, CFTC).

Pierre Cohen, le maire de Toulouse, qui a reçu jeudi matin les représentants de l'intersyndicale, a demandé que le cas de Sanofi soit pris en compte dans le futur projet de loi sur le dialogue social, "pour mieux encadrer les licenciements dans les entreprises qui font des profits".

"Toutes les conditions sont réunies pour considérer que la direction se comporte en patron voyou", a estimé le maire de Toulouse.

Sanofi s'est dit "choqué" par ces propos. "L'entreprise a toujours respecté scrupuleusement le droit (et) regrette que, dans cette phase où le dialogue est plus que jamais nécessaire, certains excès compliquent la recherche de solutions", a déclaré un porte-parole du groupe.

"SANOFI EN PÉRIL"

En marge d'une nouvelle journée de grève sur le site de Toulouse, où 600 emplois de chercheurs sont menacés, les syndicats ont annoncé jeudi qu'ils n'assisteraient pas au CCE du pôle recherche prévu mardi en région parisienne, faute d'avoir reçu notification du contenu du plan dans le délai légal.

"La direction sait bien que pour présenter un plan elle doit d'abord nous le remettre et elle ne l'a toujours pas remis", a dit à la presse Dominique Junyent, membre CFDT de l'intersyndicale, à l'issue d'une manifestation organisée devant la mairie de Toulouse.

"A ce jour nous avons une convocation au CCE qui n'est légalement pas valable. C'est une réunion qui n'est pas une réunion d'information-consultation comme prévu par le code du travail", a-t-elle fait valoir, ajoutant que la direction devait fournir le contenu du plan cinq jours ouvrables avant une réunion du CCE.

"La position des élus du CCE est claire: sans document, nous n'irons pas à la réunion."

Quelque 300 à 400 grévistes selon les syndicats, 250 selon la police, ont défilé à l'intérieur de l'hôtel de ville de Toulouse, où une délégation a été reçue par le maire Pierre Cohen (PS) et lui a remis une copie du rapport d'un cabinet d'experts mandaté par le CCE.

"Tout en développant une communication sur la nécessité de faire évoluer sa R&D (Recherche et développement, NDLR), le groupe met en oeuvre, sans le dire, un modèle financier", peut-on lire dans une synthèse du diagnostic du cabinet Syndex distribuée à la presse jeudi à Toulouse.

"Compte-tenu de la situation économique et financière du groupe et de ses perspectives, il est parfaitement possible de sauvegarder l'intégralité du potentiel scientifique de Sanofi, en particulier sur sa base française", poursuit le document.

Pour les syndicats, ce rapport valide leur volonté de se battre pour sauvegarder le site de recherche de Toulouse et les quelque 200 postes de chercheurs menacés sur le site de Montpellier.

"Aujourd'hui, c'est fort de voir que l'analyse des salariés (...) est confortée par des analyses de financiers qui disent la même chose", s'est réjouie Dominique Junyent.

"Ce rapport est édifiant", a déclaré de son côté Laurence Millet, élue Sud et secrétaire adjointe du comité d'entreprise de Toulouse.

"On ne donne pas longtemps à Sanofi pour aller dans le mur avec les stratégies qui sont choisies aujourd'hui. Sanofi, première société pharmaceutique française, est en péril. Dans cinq ans cette société risque de ne plus exister", a-t-elle estimé.

Jean Décotte à Toulouse, avec Noëlle Mennella à Paris, édité par Jean-Michel Bélot

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  • NYORKER le jeudi 20 sept 2012 à 19:35

    Montebourg : un pseudo pompier en slip,sans combinaison ni eau , ça donne quoi ? Rien !

  • frk987 le jeudi 20 sept 2012 à 18:08

    Ah ce sont les syndicats qui dirigent Sanofi, bande de nazes !!!