Les syndicats de Radio France insatisfaits du plan Gallet

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LES SYNDICATS DE RADIO FRANCE INSATISFAITS DU PLAN GALLET
LES SYNDICATS DE RADIO FRANCE INSATISFAITS DU PLAN GALLET

PARIS (Reuters) - Les syndicats de Radio France, à l'origine d'un mouvement de grève qui dure depuis 17 jours, ont fait part samedi de leur mécontentement face au plan présenté par le président Mathieu Gallet, dont le programme a été en grande partie validé par le ministère de la Culture.

Mathieu Gallet avait convoqué samedi une réunion de négociations pour présenter le plan stratégique à partir duquel sera signé avec l'Etat un contrat d'objectifs et de moyens pour la période 2015-2019.

Radio France doit, selon son patron, réaliser 50 millions d'euros d'économies sur cette période et les syndicats redoutent une saignée parmi le personnel, d'autant plus depuis que la Cour des comptes a publié un rapport sévère dénonçant la gestion du groupe public dont le déficit devrait dépasser 21 millions d'euros cette année.

"Confrontée à l'un des plus longs mouvements de grève de l'histoire de la radio publique et à un gouvernement qui lui enjoint de négocier, (la direction) se contente de respecter l'un des arbitrages de la ministre de la Culture : le maintien des quatre formations musicales permanentes", écrit l'intersyndicale dans un communiqué.

"Sur tout le reste, le blocage persiste, en particulier sur le préavis qui concerne la filière ouvrière (... et ...) sur le préavis qui concerne les radios locales, la défense de leurs programmes locaux", peut-on y lire.

Les syndicats réuniront les salariés lors d'une nouvelle assemblée générale mardi matin pour décider des suites à donner au mouvement, est-il précisé.

"DIVERSITÉ DES ANTENNES"

Convoqué jeudi au ministère de la Culture, Mathieu Gallet a vu l'essentiel de son projet validé par Fleur Pellerin qui y a trouvé "un certain nombre de propositions pour permettre à Radio France de faire face à la dégradation de sa situation financière à court terme", selon un courrier qu'elle lui a adressé.

Dans ce texte, dont le contenu a été communiqué à Reuters par une source proche du dossier, la ministre écarte toutefois plusieurs des pistes avancées par Mathieu Gallet : augmentation du volume de publicité sur les antennes, transfert de l'Orchestre national de France ou fusion des deux orchestres.

Fleur Pellerin se dit en revanche ouverte à un changement des catégories d'annonceurs autorisés - Radio France n'ayant pas le droit de diffuser des "publicités de marques".

Elle lui rappelle en outre son attachement à "la diversité des antennes" et l'invite à ne penser à des regroupements "que dans le cadre d'un projet ambitieux qui ne conduise pas à un affaiblissement de l'offre", une réponse à la volonté de proposer des programmes communs à certains horaires sur les antennes régionales des stations France Bleu.

Sur le plan économique, elle confirme la nécessité pour le groupe de "retrouver un équilibre d'exploitation et une situation financière saine", et souligne que l'Etat stabilisera sa dotation jusqu'en 2017.

Si le gouvernement ne s'oppose pas au plan de départs volontaires envisagé (200 à 300 personnes au minimum), elle exhorte Mathieu Gallet à privilégier "le dialogue social".

Radio France appartient à 100% à l'Etat et ses revenus proviennent à 90% du produit de la redevance audiovisuelle.

Le groupe pâtit en outre de la dérive des travaux de ses locaux, la Maison de la radio, pour laquelle le gouvernement a promis de verser une dotation en capital liée aux surcoûts du chantier.

(Gregory Blachier, édité par Guy Kerivel)

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