Les syndicats de Néo Sécurité ont été reçus à l'Elysée

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PARIS (Reuters) - Les syndicats de Néo Sécurité, le numéro deux de la sécurité en France, ont été reçus mercredi à l'Elysée pour évoquer le sort de l'entreprise employant 5.000 salariés, qui s'est déclarée en cessation de paiement la veille, a-t-on appris de source syndicale.

Nicolas Sarkozy s'était dit prêt dans la matinée à recevoir le P-DG qui a lancé un appel aux pouvoirs publics pour éviter la faillite et réclame un prêt relais de 15 millions d'euros.

En fait, une délégation syndicale a été reçue par le secrétaire général de l'Elysée Xavier Musca et des représentants du ministère du travail.

Les syndicats, qui critiquent la gestion de l'entreprise et suspectent une manoeuvre de la direction profitant de la campagne électorale pour obtenir une intervention des pouvoirs publics ont exprimé leurs réserves.

"Nous ne sommes pas pour qu'on donne un chèque en blanc à notre patron", a dit Stéphane Boudon, délégué CFTC.

"Ce qui nous intéresse, c'est que l'Etat se positionne pour que cette entreprise soit reprise par des gens sérieux", a-t-il dit.

Il a souligné que l'Etat avait déjà fait des efforts en faveur de l'entreprise, notamment d'un plan de sauvegarde récemment levé.

"GESTION HASARDEUSE"

Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait sur France Info, avait auparavant déclaré qu'il attendait de "voir le dossier et la situation exacte" de l'entreprise pour éventuellement intervenir, comme il l'a fait pour la Fonderie du Poitou, Lejaby, Photowatt et Petroplus.

Sur France 2, son rival socialiste François Hollande a estimé que "rien n'a été fait pour prévenir ce drame qui s'annonce".

Il a promis qu'il ne laisserait "pas faire" un "cortège de plans sociaux" qui serait en préparation et dont l'annonce serait, selon lui, différée à l'après-présidentielle.

Le fonds d'investissement IPE, qui devait apporter 25 millions d'euros à l'entreprise en échange de 70% du capital, a renoncé ce mois-ci après un examen des comptes, estimant le besoin de financement de la société de l'ordre de 40 millions.

Les syndicalistes ont critiqué la direction l'entreprise, l'Unsa parlant de "gestion hasardeuse" et la CGT de "gestion catastrophique". La CFTC a évoqué de son côté le train de vie des dirigeants.

Dans Les Echos.fr, un porte-parole de NEO Sécurité, a réfuté toutes les accusations des syndicats.

"On a récupéré une entreprise qui perdait plus de 3 millions d'euros par mois. Aujourd'hui, deux ans après, elle en perd moins de 300.000, et elle sera à l'équilibre au prochain semestre. Si c'est ça qu'on appelle de la mauvaise gestion !", a-t-il déclaré.

Il a également souligné que Jean-Michel Houry, le président de NEO Sécurité, avait mis "de l'argent personnel dans l'entreprise".

Gérard Bon, Yann Le Guernigou, Emmanuel Jarry

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