Les syndicats de la SNCM satisfaits de la table ronde

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UNE TABLE RONDE "DÉTERMINANTE" POUR L'AVENIR DE LA SNCM
UNE TABLE RONDE "DÉTERMINANTE" POUR L'AVENIR DE LA SNCM

PARIS (Reuters) - Les représentants syndicaux de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), compagnie maritime en grande difficulté dont les salariés sont en grève depuis huit jours, ont salué les avancées de la table ronde organisée mercredi à Paris, mais ont refusé de se prononcer sur une reprise du travail.

Les syndicats, qui ont voulu garder la primeur des propositions concrètes pour les salariés de la compagnie maritime, ont dit s'en remettre a l'assemblée générale prévue jeudi en fin de matinée.

"L'ensemble des questions pour mettre en oeuvre le plan ont été abordées et, a priori, a ce stade, c'est constructif ", a déclaré Maurice Perrin, délégué syndical CGC, a l'issue de cette réunion avec le ministre des Transports.

Interrogé sur la poursuite de la grève, qui a débuté le 1er janvier, il a répondu: "C'est aux salariés de décider (...)

"Des lors que les conditions sont réunies on a pas vocation a rester en grève", a-t-il ajouté.

La SNCM, qui assure la liaison entre la Corse et le continent, est détenue à 66% par Transdev, coentreprise de Veolia Environnement et de la Caisse des dépôts, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés.

La Commission européenne réclame le remboursement de 440 millions d'euros d'aides d'Etat reçues par la compagnie, ce qui provoquerait sa faillite et la mise à pied de ses 2.600 salariés. L'Etat lui a accordé fin décembre une avance de trésorerie de 30 millions d'euros.

"QUE LA RESPONSABILITÉ L'EMPORTE"

La France a introduit des recours contre les décisions européennes mais le dépôt de bilan est, selon des sources proches du dossier, envisagé par les actionnaires privés afin de favoriser une reprise par un investisseur.

La poursuite de la grève pour un huitième jour consécutif a été votée mercredi à l'unanimité, a déclaré à Reuters le délégué CGT Frédéric Alpozzo.

La direction de la SNCM "regrette de ne pas avoir été conviée à la réunion" de Paris, a déclaré son directeur de communication, Pierre Jaumain.

"L'important aujourd'hui, c'est que la responsabilité l'emporte, c'est extrêmement important pour l'avenir de la société", a déclaré le ministre des Transports Frédéric Cuvillier avant le début de la table ronde avec les syndicats.

Il a précisé qu'il allait "proposer un certain nombre d'initiatives", sans préciser lesquelles, l'Etat souhaitant "comme il le fait depuis plusieurs mois assurer les conditions de poursuite d'activité de la société".

Pour Frédéric Alpazzo, "il est incompréhensible que le gouvernement ne mette pas en oeuvre la commande des quatre navires, dont deux rapidement".

Les syndicats réclament un engagement clair du gouvernement à appliquer le projet industriel signé avec la direction et les actionnaires, qui ont notamment validé la commande de quatre navires et la suppression de 500 postes sans licenciements secs.

"Je ne suis pas président de la SNCM, je suis ministre des Transports, donc il faut que la gouvernance soit à la hauteur de l'enjeu du redressement de la boîte", a dit Frédéric Cuvillier.

Elizabeth Pineau et Marion Douet, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Jean-Philippe Lefief

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