Les syndicats de la SNCM refusent un redressement judiciaire

le
14
LES SYNDICATS DE LA SNCM REJETTENT L'HYPOTHÈSE D'UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
LES SYNDICATS DE LA SNCM REJETTENT L'HYPOTHÈSE D'UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE

par François Revilla

MARSEILLE (Reuters) - Les syndicats de la SNCM font du rejet de l'hypothèse d'un redressement judiciaire un préalable aux discussions prévues lundi après-midi avec le négociateur nommé par le gouvernement, alors que des élus locaux demandent eux un moratoire.

"Cette rencontre doit ouvrir la voix à un véritable règlement pour l'avenir de la SNCM", a dit à la presse Frédéric Alpozzo, secrétaire des marins CGT, au 14e jour de grève de la compagnie maritime.

"Mais pour cela il y a un préalable, il faut écarter tout de suite le redressement judiciaire, la liquidation et la discontinuité de l'entreprise."

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, a estimé dans une interview publiée ce week-end que la voie d'un redressement judiciaire était "le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM".

Pour le responsable CGT, les actionnaires de la compagnie "doivent assurer que jusqu'au terme des conventions de trésorerie jusqu'à juin 2015, ils garantiront la continuité de l'activité de la SNCM". "On pourra ensuite discuter sereinement du projet industriel et de la sortie de l'actionnaire Transdev le plus tôt possible", a-t-il ajouté.

Alors que la grève a de lourdes conséquences économiques en Corse et dans les ports de Méditerranée, les élus locaux ont signé une déclaration commune pour réclamer un moratoire sur le redressement judiciaire évoqué par le gouvernement.

"Nous demandons solennellement à l'Etat, et aux actionnaires privés Veolia /Transdev, de s'engager à respecter un moratoire de quatre mois minimum, soit jusqu'à fin octobre", écrivent le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, le président de la communauté urbaine Guy Teissier et le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini.

Ils réclament le gel de "toute démarche de mise en oeuvre de procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire, afin de permettre aux professionnels (...) de finaliser un projet de reprise cohérent".

CONFLIT D'INTÉRÊT

Les élus appellent également les salariés à cesser "immédiatement" leur mouvement de grève et à s'impliquer dans le "projet de modification de l'actionnariat, porteur d'espoir et d'avenir pour eux-mêmes et la SNCM".

La CGT a de son côté confirmé qu'elle allait demander la saisine d'un juge d'instruction pour "conflit d'intérêt", dénonçant "un démantèlement et une faillite organisée de la SNCM pour favoriser des intérêts particuliers, dont ceux de Corsica Ferries", le principal concurrent de la SNCM.

Les syndicats réclament toujours à l'Etat et aux actionnaires des assurances sur la mise en oeuvre du plan industriel de l'ancienne direction de la compagnie, dont Transdev a repris le contrôle en mai.

Ce plan prévoyait la suppression de 500 emplois sur un total de 2.600 et le renouvellement de la flotte avec l'achat de quatre navires.

La situation de la SNCM est notamment grevée par la décision de la Commission européenne, qui réclame le remboursement de 440 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales.

Le conflit frappe d'autres compagnies puisque les marins de la SNCM retiennent à quai à Marseille depuis six jours le "Kalliste", cargo mixte de la Compagnie Méridionale de Navigation (CMN), qui a dérouté vers Toulon ses autres navires assurant la liaison avec les ports corses.

Des bateaux de croisières ont en outre supprimé leurs escales dans le port de Marseille pendant que la compagnie concurrente Corsica Ferries dessert toujours la Corse depuis Toulon et Nice.

(Edité par Yann Le Guernigou)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M2547374 le lundi 7 juil 2014 à 16:09

    Pourquoi parle-t-on sans arrêt de règlement judiciaire? cette société est en défaut de paiement depuis longtemps, messieurs les dirigeants et les politiques agissez ! déposez le bilan au tribunal de commerce, les discussions sérieuses de restructuration pourront enfin s' engager. Assez de maintenir artificiellement cette entreprise à flot, cela n' a que trop duré ! les contribuables en ont marre de payer pour des anti-sociaux qui ne pensent qu' à leurs intérêts particuliers

  • miez1804 le lundi 7 juil 2014 à 15:38

    Effectivement il faut refuser le redressement judiciaire, c'est de la LIQUIDATION qui ont besoin! Fainéants!

  • Berg690 le lundi 7 juil 2014 à 15:35

    Un premier ministre qui représente qui et quoi? Rien, ce n'est qu'un homme de paille affidés aux patrons. Il vient de le prouver!

  • jbellet le lundi 7 juil 2014 à 15:33

    incroyable mais vrai: il n'y a qu'en France que l'on voit cela. les syndicats qui ont tout fait pour faire couler la sté refuse le redressement judiciaire !! il fa

  • 445566ZM le lundi 7 juil 2014 à 15:28

    Le monde entier rigole ! Les syndicalistes, après plusieurs grèves font appel à la générosité publique. Stupidité personifiée ! En plus, ils ne voyent pas que leur attitude est complétement ridicule. Il n'y a qu'en France où les syndicalistes se croient permis d'adresser un ultimatum au premier ministre.

  • dotcom1 le lundi 7 juil 2014 à 15:21

    J'imagine qu'ils refuseront aussi le coup de pied au c*l quand ils se feront virer, et d'aller à Pôle Emploi trouver un autre boulot?

  • M1343167 le lundi 7 juil 2014 à 15:20

    LIQUIDATION JUDICIAIRE !!!

  • hayabuse le lundi 7 juil 2014 à 15:09

    un si bel outil entre les mains de syndicalistes harassés par le travail . non , il faut mettre un terme à cet acharnement sur des salariés fatigués et usés. ce beau bateau que l'ion voit sera bien plus flamboyant au main de jeunes gens dynamiques recrutés dans les pole emploi envirronnants, mieux ; au Magreb, puisque le traffic et le marché des navettes vers la corse et l'AFRIQUE ont réellement besoin de cela. syndicat , cat, cat...

  • libourne le lundi 7 juil 2014 à 15:05

    Ils ont raison: la faillite, c'est mieux !

  • contava4 le lundi 7 juil 2014 à 14:52

    bande de fainéants assistés....liquidation de ce gouffre financier pour le contribuable