Les syndicats d'EDF défendent le report du projet Hinkley Point

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    PARIS, 27 avril (Reuters) - L'intersyndicale CGT, CFE-CGC et 
FO d'EDF  EDF.PA  a défendu mercredi devant les députés sa 
demande d'un report de la décision du groupe d'investir dans la 
construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley 
Point, en Angleterre, jugeant qu'un lancement rapide serait 
"destructeur". 
    EDF a annoncé vendredi un report de sa décision afin de 
consulter son comité central d'entreprise (CCE) mais le ministre 
de l'Economie Emmanuel Macron a ensuite assuré que 
l'investissement dans ce projet controversé de 18 milliards de 
livres sterling (23 milliards d'euros environ) pourrait être 
confirmé en septembre.     
    "Consulter, c'est bien. Ecouter tous ceux qui, très 
nombreux, demandent un report du lancement de ce projet, c'est 
mieux. Nos trois organisations syndicales ne sauraient se 
satisfaire d'un décalage de deux ou trois mois (...)", a déclaré 
Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la CGT, lors d'une 
audition en commission à l'Assemblée nationale. 
    S'exprimant au nom de l'intersyndicale, Marie-Claire 
Cailletaud a jugé qu'un lancement "immédiat et précipité" serait 
"plus que destructeur" et a rappelé que les conditions du projet 
avaient changé, EDF devant notamment porter les deux tiers de 
l'investissement aujourd'hui contre 40% en 2013, ce qui "ferait 
exploser sa dette à 61 milliards d'euros". 
    La CGT, CFE-CGC et FO ont également redit leur souhait que 
le projet Hinkley Point ne soit pas lancé avant qu'EDF bénéficie 
du retour d'expérience des EPR en cours de construction en 
France (Flamanville) et en Chine (Taishan). 
    Défendant le décalage d'un feu vert à Hinkley Point au-delà 
de 2016, voire de trois ans, l'intersyndicale a assuré qu'elle 
continuait de "croire" au projet mais qu'il devait notamment 
reposer sur une véritable alliance industrielle 
franco-britannique et sur un modèle d'EPR "simplifié". 
    Marie-Claire Cailletaud a également souligné les difficultés 
croissantes du nucléaire français et le fait que le rachat de 
l'activité réacteurs d'Areva  AREVA.PA  par EDF, élément clé de 
la relance de la filière, n'était toujours pas effectif. 
    Vincent Rodet, coordonnateur CFDT chez EDF, a pour sa part 
déclaré aux députés que son syndicat souhaitait l'examen des 
conséquences de trois scénarios: un lancement du projet dès le 
mois de septembre, un report de deux ou trois ans, et un abandon 
pur et simple. 
    La ministre de l'Energie Ségolène Royal a de son côté 
réaffirmé mercredi qu'elle attendait des "preuves 
complémentaires" du bien-fondé des investissements prévus par 
EDF, notamment à Hinkley Point, qui risquent selon elle de 
pénaliser les énergies renouvelables.   
    EDF a annoncé vendredi une série de mesures pour renforcer 
sa structure financière, dont une augmentation de capital de 
quatre milliards d'euros à laquelle l'Etat participera à hauteur 
de trois milliards, l'option d'un versement des dividendes en 
action pour 2016 et 2017, et un plan de cessions d'environ 10 
milliards à l'horizon 2020.    
    En Bourse, l'action EDF s'adjuge 5,24% à 12,15 euros à 
11h10, parmi les plus fortes hausses de l'indice SBF 120 
 .SBF120  (+0,16%). 
 
 (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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