Les syndicats d'ArcelorMittal prêts au bras de fer

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STRASBOURG (Reuters) - Les syndicats d'ArcelorMittal à Florange (Moselle), confrontés au risque d'un arrêt définitif de leurs hauts-fourneaux, ont décidé de passer à l'action pour obtenir des engagements de la direction du groupe et du gouvernement.

Après une assemblée générale qui a rassemblé plus d'un millier de salariés du groupe sidérurgique jeudi soir, selon les syndicats, ceux-ci ont validé vendredi la décision d'occuper les bureaux de la direction à partir de lundi matin.

"Ils seront interdits de séjour jusqu'à nouvel ordre", a dit à Reuters Edouard Martin, représentant de la CFDT, au nom d'une intersyndicale qui rassemble également la CGT, FO et la CFE-CGC.

Cette action fait suite à l'annonce, mardi par la direction, que les deux hauts fourneaux arrêtés, l'un depuis juillet 2011, l'autre depuis octobre de la même année, ne redémarreraient pas au deuxième trimestre.

Un comité central d'entreprise le 23 février à Paris doit officialiser cette information. Les mesures de chômage partiel, qui touchent la moitié des 5.000 salariés, dont 3.000 en CDI, seront en conséquence prolongées.

L'occupation des bureaux de la direction se poursuivra "jusqu'au redémarrage des hauts-fourneaux" et sera le début "d'une longue série d'actions", a précisé Edouard Martin.

Les syndicats demandent par ailleurs au gouvernement d'adopter une loi accordant un droit de préemption à l'Etat en cas d'abandon par un industriel d'une usine rentable comme l'est celle de Florange.

"Au cas où M. Mittal voudrait se séparer de Florange, on lui interdirait de démanteler et on rechercherait d'autres partenaires pour redémarrer le site", a précisé le syndicaliste.

Interpellé sur le sujet lors de son passage à Gandrange, ville voisine, le 17 janvier dernier, le candidat socialiste à l'élection présidentielle François Hollande s'était dit prêt à "réfléchir à l'outil législatif" qui permettrait une telle solution, une réponse insuffisante, selon Edouard Martin.

"On sent les politiques un peu timorés. Face à des géants comme ArcelorMittal, il faut taper sur la table", dit-il.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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  • papymujo le vendredi 17 fév 2012 à 15:24

    Les Hauts-fourneaux Lorrains sont déjà condamnés...Et les lorrains connaissent la musique, cela fait 40 ans qu'on leur joue la même. Pour une bonne part ils sont des rescapés de sites déjà fermés.

  • M3101717 le vendredi 17 fév 2012 à 14:49

    Personnellement, si je n'étais pas le PDG d'ArcelorMittal (et c'est le cas), je n'irai pas promettre monts et merveilles à des gens qui, sous peu, seront véritablement dans la mouise ! Mais je pense que eux, au moins, sauront quoi faire lors du référenddum à venir ;-)

  • birmon le vendredi 17 fév 2012 à 14:45

    Le Président Sarkozy n'est pas PDG d'Arcelor-Mittal ! Que propose M.Hollande ?En choisissant le bras de fer les syndicats condamnent des hauts fourneaux qui étaint déjà sur la sellette.

  • papymujo le vendredi 17 fév 2012 à 14:43

    Le morceau est trop gros!

  • M3101717 le vendredi 17 fév 2012 à 14:35

    saRKOZY ne vous avait donc rien promis à vous ?