Les suspects de Strasbourg et Marseille téléguidés par l'EI

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    * Les suspects recevaient des ordres via une messagerie 
cryptée 
    * Des écrits d'allégeance à l'EI retrouvés 
    * Des images de cibles potentielles sur un smartphone 
 
 (Actualisé avec précisions du procureur) 
    par Gérard Bon 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - Les cinq hommes suspectés 
d'avoir projeté des attentats imminents en France étaient 
téléguidés à partir de la zone irako-syrienne et des écrits 
d'allégeance à l'Etat islamique (EI) ont été saisis, a déclaré 
vendredi le procureur de Paris. 
   "Des armes et des instructions communes émanant de la zone 
irako-syrienne pour se procurer des armes ont été découvertes 
aux domiciles des cinq personnes interpellées", a dit François 
Molins lors d'un point de presse. 
    Les cinq hommes, deux Français, un Franco-Tunisien et un 
Franco-Marocain interpellés à Strasbourg, ainsi qu'un Marocain 
arrêté à Marseille, recevaient des ordres "via une application 
cryptée", a-t-il précisé. 
    "C'est un passage à l'acte imminent qui a pu être évité" 
grâce aux interpellations du 20 novembre, a ajouté le magistrat, 
qui a confirmé qu'une action était envisagée le 1er décembre. 
    Les cinq ont été déférés vendredi devant la justice en vue 
de leur mise en examen, notamment pour association de 
malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, a 
précisé François Molins.  
    L'un des membres du commando de Strasbourg était animateur 
dans une école de la capitale alsacienne, un autre 
manutentionnaire, et un autre travaillait dans une épicerie. 
Deux ont un casier judiciaire. 
    Le Marocain interpellé à Marseille venait du Portugal et 
avait effectué de nombreux voyages en Europe avec de faux 
papiers, a précisé le procureur de Paris. 
    Trois pistolets et un pistolet-mitrailleur ont été saisis 
lors des perquisitions. 
     
    UNE ACTION PRÉVUE LE 1ER DÉCEMBRE 
    Les enquêteurs ont retrouvé plusieurs écrits "très clairs" 
d'allégeance à l'EI, dont un cahier où sont évoqués sur 12 pages 
le djihad armé, la mort en martyr et se référant à Abou Bakr al 
Baghdadi, le chef du groupe djihadiste, a dit François Molins. 
    L'enquête, qui a duré huit mois, a fait appel à des 
techniques performantes qui n'avaient jamais été mises en oeuvre 
jusque-là dans la lutte contre le terrorisme djihadiste. 
    Le commando de Strasbourg attendait à la fois de l'argent et 
cherchait à se procureur des armes. Or, le Marocain interpellé à 
Marseille était en possession de près de 4.300 euros, a précisé 
le magistrat. 
    Les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité 
intérieure (DGSI) ont eu la conviction que les suspects étaient 
dans une phase de repérage de cibles potentielles grâce à 
l'exploitation d'un ordinateur et d'un smartphone. 
    Le siège de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), 
celui de la police judiciaire au 36 Quai des Orfèvres, le palais 
de justice, les Champs-Elysées, une médiathèque, une église, le 
site d'Eurodisney (Val-de-Marne) ou encore la station de métro 
Charonne figurent notamment sur des captures d'écran Google 
Maps, ont indiqué des sources policières. 
    Les enquêteurs n'ont pas pu définir à ce stade quelle était 
la cible envisagée pour un passage à l'action le 1er décembre, a 
précisé François Molins. Mais "il y avait une volonté manifeste 
de passer à l'acte", a-t-il dit. 
    Deux des membres du commando strasbourgeois s'étaient rendus 
à la frontière syrienne via Chypre en mars 2015 et un troisième 
avait été refoulé par les autorités turques. "Il y avait a 
minima des velléités de rejoindre des groupes djihadistes", a 
dit François Molins. 
    Selon une source proche du dossier, la DGSI a fait savoir 
aux suspects, qui étaient alors sous surveillance, qu'une cache 
d'armes était disponible dans la région parisienne. Il 
s'agissait d'un leurre pour les obliger à se dévoiler.   
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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