Les Suisses appelés à «sauver leur or»

le
0

Un référendum initié par des membres du parti ultraconservateur proposera le rapatriement en Suisse de l'or helvète stocké à l'étranger mais également la limitation des achats de devises étrangères.

Le 30 novembre, les Suisses voteront pour «sauver leur or». Du moins, c'est ce que leur propose des membres du parti ultraconservateur de l'Union Démocratique du Centre (UDC), à l'initiative d'un référendum sur la politique à mener à propos de l'or helvète. Cette votation est attendue depuis plusieurs mois, le parti ayant réussi à rassembler les 100.000 signatures nécessaires à la tenue d'un référendum national.

La polémique fait rage quant au sort réservé aux lingots accumulés par le pays. Les auteurs de la proposition accusent la Banque nationale suisse (BNS), chargée de gérer ces réserves, d'avoir bradé il y a quelques années plus de la moitié de l'or suisse avant de placer une partie de ce qu'il restait à l'étranger. Un sacrilège selon eux, qui réclament le retour des actifs aurifères suisses sur son territoire. Les Suisses sont ainsi amenés à se prononcer sur le retour en Suisse de l'or stocké à l'étranger mais également sur l'arrêt des ventes d'or et l'obligation pour la Banque nationale de détenir au moins 20% de ses actifs en or.

La crainte d'un effet domino

Après celle qui a abouti en février dernier à restreindre l'immigration, cette nouvelle votation fait à nouveau craindre un repli identitaire et financier de la Suisse sur elle-même. Si le «oui» l'emportait fin novembre, il s'agirait d'un petit cataclysme pour le système financier mondial, selon Jean-François Faure, président d'AuCoffre.com. Obliger la Suisse à détenir 20% de ses actifs en or irait «à l'encontre de la politique qu'elle mène actuellement», c'est-à-dire l'achat d'autres devises, telles que le dollar, l'euro ou la livre sterling afin de maintenir le franc suisse à un niveau plancher, qui ne pénalise pas les exportations.

L'adoption des propositions pourrait également avoir des répercussions sur l'Union européenne en remettant en cause sa politique financière actuelle, fondée sur le «tout papier» et qui snobe l'or, malgré les limites que celle-ci a montré lors de la crise de 2008. Certains pays, déjà tentés de sortir de l'euro, pourraient «vouloir rejoindre la Suisse dans une gestion plus saine de leur monnaie, dans l'optique de se préserver», selon Jean-François Faure.

Bien que la BNS, le Conseil fédéral et le Parlement se soient dits opposés à l'initiative, la proposition pourrait bien être adoptée. Les derniers sondages témoignent de l'incertitude des électeurs, qui pourrait finalement profiter aux partisans de l'encadrement de la politique financière suisse. Plusieurs sondages successifs ont donné des résultats mitigés. Mais le dernier, réalisé par l'institut Gfs.bern fin octobre, révélait que 44% des répondants se disaient prêts à voter «oui». La Suisse sera fixée le 30 novembre.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant