Les stress tests montrent que des efforts restent à faire

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LES BANQUES EUROPÉENNES DOIVENT ENCORE FAIRE DES EFFORTS
LES BANQUES EUROPÉENNES DOIVENT ENCORE FAIRE DES EFFORTS

par Huw Jones et Andrew MacAskill

LONDRES (Reuters) - Des banques en Italie, Irlande, Espagne et Autriche ont obtenu les plus mauvais résultats aux tests de résistance des principales banques européennes, conduits sous l'égide de l'Autorité bancaire européenne (ABE) et rendus publics vendredi soir.

Huit ans après la faillite de Lehman Brothers qui a entraîné une grave crise du secteur bancaire mondial, l'ABE a souligné qu'il restait des efforts à faire pour relancer le crédit au sein de l'Union européenne, où de nombreuses banques restent entravées par des milliards d'euros de créances douteuses.

"Bien qu'un certain nombre de banques individuelles aient clairement eu de mauvais résultats, la conclusion globale de l'Autorité bancaire européenne - à savoir que les banques européennes résisteraient bien à une autre crise - est encourageante", estime toutefois Anthony Kruizinga chez PwC.

La banque italienne Monte dei Paschi, l'autrichienne Raiffeisen, l'espagnole Banco Popular, ainsi que deux des principales banques irlandaises, ont obtenu les plus mauvais résultats à l'issue de ces "stress tests".

L'ABE, qui a conduit l'examen sur les 51 principaux groupes bancaires de l'Union européenne a dit que des efforts devaient encore être accomplis pour que le système bancaire européen dispose d'une meilleure assise en termes de capitalisation.

"Si nous reconnaissons l'importance des levées de fonds propres réalisées jusqu'à présent, ce n'est pas un bulletin de bonne santé", a dit le président de l'ABE Andrea Enria dans un communiqué. "Il y a encore des efforts à faire."

UNICREDIT PRÊTE À PRENDRE DE NOUVELLES MESURES

UniCredit, la première banque italienne, figure elle aussi parmi les banques ayant fini les tests avec le plus faible ratio de fonds propres durs (CET 1). Elle a dit qu'elle verrait avec les autorités de supervision s'il lui fallait prendre de nouvelles mesures de renforcement de son capital.

Les deux plus grandes banques allemandes, Deutsche Bank et Commerzbank, font également partie des 12 banques qui se sont avérées les plus fragiles dans les tests, avec leur concurrente britannique Barclays.

Les résultats ont été annoncés après que Monte dei Paschi di Siena, la plus vieille banque du monde, a annoncé vendredi un plan de sauvetage de la dernière chance qui prévoit une augmentation de capital de cinq milliards d'euros et la cession de créances douteuses pour 9,2 milliards d'euros.

Les tests de l'ABE, qui visaient à mesurer la capacité des principales banques de l'UE à résister à un choc économique théorique sur une durée de trois ans, ont fait ressortir que dans ce scénario défavorable simulé, la banque italienne présenterait un ratio de fonds propres durs négatif de 2,44%.

Cette série de tests est la troisième conduite sur les banques de l'UE depuis la crise financière de 2008 qui avait nécessité le renflouement sur fonds publics de banques dans plusieurs pays du bloc. Mais cette fois, ils ne comportaient pas de seuil d'échec ou de réussite.

Les analystes ont fixé un seuil officieux de succès correspondant à un ratio de fonds propres durs de 5,5%, le plancher retenu lors des tests conduits l'année dernière.

Les tests reposaient sur des scénarios incluant une chute du produit intérieur brut de l'Union européenne de 7,1% par rapport au scénario de référence sur les trois prochaines années et sur une baisse de 20% des revenus d'intérêt.

IMPACT DES LITIGES SUR LES FONDS PROPRES

Comme Monte dei Paschi, l'irlandaise Allied Irish Banks affiche un ratio inférieur au plancher officieux, à 4,31%.

Les investisseurs surveilleront aussi de près les établissements qui affichent un ratio de fonds propres rapportés aux risques pondérés des actifs inférieur à 7%, seuil de déclenchement des dépréciations des obligations subordonnées émises par les banques pour renforcer leurs fonds propres.

Banco Popular, Bank of Ireland et Raiffeisen ont toutes les trois terminé les tests avec un ratio inférieur à ce niveau, à 6,62%, 6,15% et 6,12% respectivement.

Deutsche Bank et Commerzbank ont toutes deux affiché un ratio inférieur à 8%, même si Deutsche Bank a affirmé que le sien atteindrait au moins 12,5% d'ici la fin de 2018.

Sur les 51 banques concernées, 37 étaient basés dans la zone euro et supervisées par la Banque centrale européenne (BCE), qui a dit que ces tests reflétaient un secteur bancaire mieux armé.

"Le secteur bancaire est aujourd'hui plus résistant et peut bien mieux absorber les chocs économiques qu'il y a deux ans", a dit Danièle Nouy, responsable de la supervision à la BCE.

Avant les tests, les 51 groupes bancaires testés affichaient un ratio de fonds propres durs combinés de 12,6%, après prise en compte de toutes les exigences en matière de capitaux.

A la fin des tests, le ratio combiné était tombé à 9,2%, soit une baisse de 340 points de base, représentant l'équivalent de 226 milliards d'euros de fonds propres.

Pour la première fois, les tests de résistance prenaient en compte les conséquences de comportements à risque des établissements bancaires comme les amendes et implications financières d'accords amiables sur les fonds propres pendant la durée retenue pour les tests.

L'ABE a précisé que l'impact sur les fonds propres de ces comportements à risque se chiffrait à 350 milliards d'euros sur l'ensemble des banques concernées.

(Huw Jones et Andrew MacAskill, Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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  • stricot il y a 4 mois

    La Grece est toujours dans la zone euro, les fonctionnaires et les retraites sont toujours payes tous les mois, et ca c'est un exploit du principalement a la bienveillance du FMI et de l'Europe. Sans argent frais injecte en Grece il y aurait des morts de faim, litteralement. Et de ce que j'en sais, les prix ont largement augmente pour les touristes cet ete. Esperons que les recettes du tourisme ne sont pas uniqement au black.

  • stricot il y a 4 mois

    Sarkozy n'y est pour rien mais l'Etat a effectivement fait ce qu'il fallait pour assurer la liquidite et la solvabilite des etablissements bancaires francais au pire de la crise; ces dernieres n'avaient pas des niveaux de risque tres inquietants non plus. Et effectivement les fonds injectes par l'Etat en France n'ont rien coute a l'Etat, ils ont rapporte.

  • sp500-in il y a 4 mois

    Nicolas Sarkoyz, avec Merkel ont fait l'inverse de ce qu'il aurait faire en prônant l'austerie, regardez la grèce... elle n'est toujours pas tiré d'affaires, et encore moins la france... le sénat bloque tout ce qui peut favoriser les TPE, et tout le monde sait que les gisements d'emploi sont chez les TPE et le sénat est actuellement à Droite... les pressions des lobbys y sont pour quelque chose. Tant que nos politiques ne se réformeront pas d'abord, ça va empirer !

  • m1234592 il y a 4 mois

    On remarque qu'aucune banque française n'est dans le paquet des banques à surveiller, sans doute grâce à la prompte réaction de N. Sarkozy durant la crise des subprimes : il a permis de conserver la liquidité des transactions interbancaires et donc le maintien de la production et ceci sans qu'il en coûte un sou aux contribuables mieux les prêts accordés aux banques rapportaient 4,5% ... raison pour laquelle elles se sont empressées de rembourser.