Les stocks dopent le PIB américain, la tendance reste fragile

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LA CROISSANCE AUX ÉTATS-UNIS
LA CROISSANCE AUX ÉTATS-UNIS

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine a bénéficié au troisième trimestre d'une croissance beaucoup plus forte qu'initialement estimé, soutenue par la reconstitution des stocks par les entreprises, montrent les chiffres publiés jeudi par le département du Commerce.

Mais la tendance ne devrait pas se prolonger, la faiblesse des dépenses de consommation et d'investissement sonnant comme un dur rappel de la fragilité sous-jacente de l'économie, accentuée par les incertitudes liées au fameux "mur budgétaire".

Le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 2,7% en rythme annuel entre juillet et septembre, l'accumulation de stocks et l'augmentation des exportations ayant compensé une consommation des ménages toujours faible et la première baisse des investissements des entreprises depuis un an.

Ce rythme est bien plus élevé que les 2,0% annoncés en première estimation et le plus soutenu depuis le quatrième trimestre 2011, mais l'augmentation des stocks - qui ne se renouvellera pas au quatrième trimestre - ne permet pas de conclure à une reprise significative de l'économie américaine.

Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à ce que la croissance au troisième trimestre soit révisée à 2,8%.

"L'essentiel de la hausse (du PIB) correspond à un ajustement des stocks", souligne Omer Esiner, responsable de la recherche chez Commonwealth Foreign Exchange à Washington.

REGARDER AU-DELÀ

"Je pense donc que le marché peut regarder au-delà de ce chiffre et estimer que le PIB est un peu plus faible. C'était inquiétant aussi de voir la consommation révisée en baisse."

La tendance pourrait d'ailleurs s'inverser dès le quatrième trimestre, d'autant que les entreprises ont commencé à anticiper le risque de coupes budgétaires et hausses d'impôts automatiques de 600 milliards de dollars début 2013 si démocrates et républicains n'arrivent pas à s'entendre sur le budget.

Ce "mur budgétaire" risque selon les analystes de replonger les Etats-Unis dans la récession.

Sans l'apport des stocks, la croissance du PIB n'a été que de 1,9%, ce qui souligne la faiblesse de la demande.

Illustration de la fragilité de la reprise, la consommation des ménages a été révisée à 1,4% - contre 2,1% en première estimation - à son plus bas niveau depuis le deuxième trimestre 2011.

Les investissements des entreprises ont pour leur part reculé de 2,2% - contre une première estimation de baisse de 1,3% - après avoir progressé de 3,6% au deuxième trimestre.

De son côté, le département du Travail a annoncé que les inscriptions hebdomadaires au chômage avaient baissé pour la deuxième semaine de suite, autre signal de reprise de la croissance, malgré les perturbations dans la collecte de ces chiffres liées à l'ouragan Sandy.

Parallèlement, la National Association of Realtors (NAR) annonçait que les promesses de vente immobilières avaient augmenté nettement plus que prévu un octobre, encore un signe d'accélération de la reprise du marché.

Tangi Salaün et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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