Les stocks d'un fabricant de poches alimentaires en quarantaine

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ARRÊT DE PRODUCTION ET STOCKS EN QUARANTAINE POUR UN FABRICANT DE POCHES ALIMENTAIRES
ARRÊT DE PRODUCTION ET STOCKS EN QUARANTAINE POUR UN FABRICANT DE POCHES ALIMENTAIRES

PARIS (Reuters) - La ministre française de la Santé a annoncé mardi l'arrêt de la production et la mise en quarantaine des stocks d'un laboratoire d'où proviennent des poches alimentaires tenues pour responsables du décès de trois nourrissons à Chambéry (Savoie).

Marisol Touraine a présenté les conclusions de l'Institut Pasteur, qu'elle avait saisi dimanche pour analyser le contenu de poches d'alimentation retirées après la mort de ces enfants mi-décembre.

"Je décide aujourd'hui de suspendre la production du laboratoire Marette de Courseulles-sur-Mer", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse, précisant qu'il s'agissait d'une décision à valeur immédiate pour l'entreprise, qui dispose de 24 heures pour apporter des éléments contradictoires.

Marisol Touraine demande par ailleurs au laboratoire, situé dans le département du Calvados, de mettre en quarantaine l'ensemble des poches stockées dans ses locaux.

"De même, les établissements hospitaliers qui détiennent aujourd'hui des poches alimentaires en provenance du laboratoire Marette doivent cesser de les utiliser (...) et doivent placer ces poches en quarantaine", ajoute-t-elle.

L'Institut Pasteur a analysé dix poches alimentaires provenant de Chambéry et préparées le même jour que celles administrées aux nourrissons décédés. Six d'entre elles étaient contaminées, a-t-elle dit.

"Toutes les poches contaminées l'ont été par un seul et même germe d'origine environnementale", a dit la ministre.

Au total, 137 poches de nutrition suspectes réparties dans sept établissements hospitaliers ont été retirées par précaution en décembre, a ajouté Marisol Touraine. "A ce jour aucun autre cas n'a été signalé", a-t-elle souligné.

"TOXINES FOUDROYANTES"

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a dit que la bactérie détectée était très puissante.

"On est face à une entérobactérie qui dégage des toxines pouvant être assez foudroyantes, encore plus chez des nourrissons", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Il a déclaré qu'une information judiciaire avait été ouverte lundi pour "homicides et blessures involontaires" et "mise en danger délibérée de la vie d'autrui".

Elle vise également la "fabrication de médicaments sans respecter les bonnes pratiques" définies par le code de la santé publique.

Le juge instructeur marseillais Annaïck Le Goff doit se rendre dans les prochains jours en Savoie pour se "tenir à disposition" des familles des trois nourrissons morts à six jours d'intervalle dans le service de néonatalogie du centre hospitalier de Chambéry.

Cette procédure, "pas si fréquente", permettra aux familles de rencontrer le juge pour s'informer de l'avancée du dossier, a souligné le magistrat.

Le laboratoire Marette a été régulièrement contrôlé par les autorités sanitaires. Le dernier contrôle, remontant au mois de juillet 2013, n'avait rien révélé de suspect.

"A ce stade de l'enquête, les investigations se portent aussi en amont de la fabrication des poches dans ce laboratoire. C'est l'expertise de toute une chaîne d'éventuelles défaillances qui est menée", a dit Brice Robin.

"A ce jour, je n'incrimine personne et je ne disculpe personne", a-t-il ajouté.

Marion Douet, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Gilles Trequesser

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