Les solutions pour faciliter l'hébergement des personnes âgées

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Les pouvoirs publics veulent aider les seniors à rester à leur domicile le plus longtemps possible et encadrer les tarifs des maisons de retraite médicalisées.

En 2060, un tiers des Français aura plus de 60 ans. Et près de 5 millions auront plus de 85 ans, alors qu'ils ne sont que 1,4 million aujourd'hui. Les enjeux sont de taille et les pouvoirs publics commencent à se saisir de la question. Mais les progrès accomplis sont encore maigres.

Le projet de loi relatif à l'adaptation de la société au vieillissement, qui doit être débattu en juin au Parlement, est surtout centré sur le maintien des personnes âgées à domicile. Cela passe notamment par une légère revalorisation de l'allocation de perte d'autonomie (APA) à domicile. Bien que «positive», l'enveloppe allouée à cette mesure a été récemment jugée «insuffisante» par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Celui-ci a aussi regretté que le volet concernant les maisons de retraite, qui devait initialement ­figurer dans le projet de loi, ait été reporté à la seconde moitié du quinquennat de François Hollande. «Cela ne répond pas à l'urgence de la situation», a tranché le Conseil.

Pour lutter contre certains dérapages ­tarifaires, le projet de loi sur le vieillissement prévoit aussi d'«encadrer» la revalorisation annuelle des tarifs dans les établis­sements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Un peu à l'image de ce qui existe déjà avec les tarifs bancaires ou les charges de copropriété par exemple, les pouvoirs publics définiront un socle de prestations devant être inclus dans le tarif hébergement. Ce qui devrait faciliter la comparaison entre établissements. «Un site internet grand public géré par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) publiera l'ensemble des tarifs des établissements», précise le ministère chargé des Personnes âgées et de l'Autonomie.

Dans un deuxième temps, il est question d'encadrer les loyers des Ehpad. La loi consommation, qui a été promulguée en mars, comporte elle aussi quelques avancées pour les résidents de maisons de ­retraite médicalisées. Désormais, ces établissements devront arrêter leur quittance de loyer à la date du départ ou du décès du résident. Ce qui n'était, semble-t-il, pas ­systématique, certains Ehpad facturant le mois complet alors que la personne âgée était décédée le 5, par exemple. La loi interdit également la facturation de frais de ­remise en état de la chambre en l'absence d'un état des lieux.

Les résidences seniors avec services gagnent du terrain

Les règles appliquées aux résidences ­seniors avec services, occupées généralement par des personnes ayant entre 75 et 85 ans, vont aussi légèrement évoluer. Les pouvoirs publics ont décidé que l'acquéreur d'un appartement dans une résidence de ce type doit uniquement régler les charges de copropriété et les gros travaux. Celles liées aux services incombent au gérant des lieux. Ce qui évitera aux propriétaires et à leurs héritiers de payer pour des services qu'ils n'utilisent pas, comme ce fut le cas dans le passé.

A mi-chemin entre le maintien à domicile et la maison de retraite, les résidences seniors s'adressent aux personnes autonomes qui ne souhaitent plus vivre de ­façon isolée et recherchent une certaine convivialité. «60% de nos résidents sont des femmes qui vivent plus longtemps que les hommes et qui recherchent peut-être davantage la compagnie», constate Alexis Moreau, ­directeur général de Cogedim Club.

Dans ces résidences, les personnes âgées vivent généralement seules dans un studio ou un deux-pièces, la plupart du temps meublé et adapté à leur âge. Elles ont accès à de nombreux services, certains gratuits, d'autres payants (accueil 24 heures sur 24, animations, ménage, restauration...). «Seuls 10% de nos résidents sont propriétaires de leur appartement. Le plus souvent par choix», constate Jean-Philippe Carboni, ­directeur commercial de Domitys, leader français de ce type de résidence.

Les loyers sont relativement élevés: il faut compter 1200 ¤ en moyenne en ­incluant les services, dont certains sont imposés (par exemple, «pack services» de 300 ou 350 ¤ par mois, comprenant la ­téléphonie et Internet, chez Cogedim). Il existe près de 400 résidences de ce type en France (32.000 logements) et le concept, encore peu connu, est appelé à se développer... Elles devraient être près d'un millier (83.000 logements) d'ici  à 2020.

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