Les soldats tchadiens vont entrer au Mali

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par Abdoulaye Massaltchi Bate Felix

NIAMEY/BAMAKO (Reuters) - Une colonne de véhicules blindés de l'armée tchadienne, aguerrie au combat dans le désert du Sahara, a fait mouvement mardi depuis le Niger vers la frontière malienne pour participer, avec les soldats français et d'autres contingents ouest-africains, à la reconquête du nord du Mali aux mains d'islamistes.

Un envoyé spécial de Reuters a pu apercevoir la colonne tchadienne quitter la capitale du Niger, Niamey, par la route en direction de Ouallam, à une centaine de km de la frontière où une compagnie de l'armée nigérienne est déjà cantonnée.

Paris, qui a lancé il y a onze jours l'opération aéroterrestre "Serval" pour enrayer l'offensive surprise des djihadistes vers Bamako, prône un déploiement rapide sur le terrain de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), à ossature ouest-africaine et sous mandat de l'Onu, pour appuyer les 2.150 soldats français déjà au Mali.

Le chef de l'Etat nigérien, le président Mahamadou Issoufou, qui a inspecté le contingent de son pays stationné à Ouallam, a pour sa part condamné l'alliance islamo-touarègue, dominée par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui contrôle les deux tiers du territoire de son voisin malien.

"Nous partons en guerre", a lancé le président nigérien à ses troupes pour lesquelles un imam a dit des prières. "Une guerre qui nous a été imposée par des trafiquants de toutes sortes, une guerre injuste pour laquelle les citoyens pacifiques du nord du Mali endurent de terribles souffrances".

Il a ajouté devant ses troupes: "J'ai confiance en votre désir brûlant de victoire!"

Le contingent nigérien, qui a achevé en décembre sa formation, devrait faire mouvement, en compagnie des soldats tchadiens, vers Gao, importante ville malienne aux mains des djihadistes.

On ignore pour le moment quand ils franchiront précisément la frontière. Gao, la plus importante agglomération du nord du Mali, est située dans la boucle du fleuve Niger. Elle a été frappée ces derniers jours par des raids aériens français.

SOUTIEN US À "SERVAL"

Le Niger, qui compte d'importantes ressources minières, dont de l'uranium exploité par le groupe nucléaire français Areva, a déjà dépêché une équipe technique à Bamako dans le cadre d'un bataillon de 544 hommes qui, accompagné de six officiers de liaison français, sera appelé à se déployer au Mali.

L'ancienne puissance coloniale a fait savoir que ses forces resteraient au Mali jusqu'à ce que les éléments islamistes regroupés autour d'Aqmi soient chassés du Nord.

L'aviation américaine participe désormais à l'opération "Serval" au Mali, a-t-on appris mardi auprès du commandement américain pour l'Afrique (Africom).

Les Etats-Unis n'ont pas précisé le nombre ni le type d'avions engagés mais un journaliste de Reuters a pu constater la présence d'un avion de transport C-17 américain sur la base militaire d'Istres (Bouches-du-Rhône).

"Nous avons transporté par avion des soldats et du matériel à Bamako en provenance d'Istres. Cela va se poursuivre dans les prochains jours", a déclaré Benjamin Benson, porte-parole de l'Africom, qui est basé à Stuttgart (Allemagne).

Deux vols ont eu lieu lundi et deux autres étaient prévu ce mardi.

"Un vol a eu lieu tôt ce matin et le deuxième est en cours. Nous allons poursuive les opérations ces deux prochains jours. Nous poursuivrons l'opération en fonction des besoins des Français pour acheminer du matériel".

Le porte-parole a confirmé que les Etats-Unis coopéraient avec la France en matière de renseignement, mais il n'a pas confirmé l'usage de drones de surveillance.

Une poignée de pays occidentaux aident matériellement la France, engagée depuis le 11 janvier dans une opération visant à repousser les rebelles islamistes qui occupent le nord du Mali. Plus de 2.000 soldats français se sont déployés sur le terrain.

Selon l'état-major français, les pays qui apportent leur aide, avec la mise à disposition d'avions pour la plupart, sont, outre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Canada et le Danemark.

Avec Richard Valdmanis à Bamako et Elizabeth Pineau à Paris; Danielle Rouquié et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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