Les sociétés de gestion sont condamnées à s'ouvrir

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(NEWSManagers.com) -
Face à la montée en puissance des marchés émergents, associée à une croissance économique molle, une mondialisation croissante et l' évolution du périmètre des banques, les sociétés de gestion européennes vont devoir sortir de leurs frontières géographiques, mais aussi s' ouvrir à d' autres classes d' actifs et pratiques de gestion, estime Fitch Ratings dans le troisième volet de son étude sur les défis du secteur européen de la gestion d' actifs dans le sillage de la crise financière*.


Déjà, pour répondre aux nouvelles opportunités de croissance offertes par les marchés émergents et l' Asie, les gestionnaires doivent élargir leur univers d' investissement à ces régions. Pour Fitch, cela veut dire non seulement augmenter la couverture et les investissements dans ces pays, mais aussi gérer des fonds mondiaux (qu' ils soient investis en actions ou dans le crédit). De même, pour toucher une clientèle étrangère, les sociétés de gestion vont devoir internationaliser leurs systèmes de distribution et leurs services clients.



L' agence de notation estime aussi que les sociétés de gestion devront accepter de faire évoluer leur périmètre d' activité et aller au-delà de leurs spécialités pour faire face à la montée des craintes sur l' inflation, à l' explosion des déficits publics qui ont ébranlé de nombreuses convictions. Ainsi, un gestionnaire obligataire pourrait désormais avoir besoin de se tourner vers les actions, tandis qu' un spécialiste actions envisagera de créer des produits diversifiés. Dans ce cadre, Fitch note aussi que certains gestionnaires pourraient profiter de l' abandon par les banques de certaines activités, en développant des activités directes de prêts ou des activités de trading pour compte propre.

Troisièmement, Fitch estime que les sociétés de gestion vont devoir remanier leurs pratiques en matière d' allocation d' actifs. En effet, l' allocation traditionnelle, consistant à investir dans des classes d' actifs domestiques et à rééquilibrer le portefeuille chaque mois, ne semble plus adaptée aux nouvelles conditions de marché. Pour l' agence, l' augmentation de la volatilité, de la corrélation, les changements en termes de liquidité et les facteurs techniques nécessitent une plus grande réactivité et diversification (géographique et en termes de classes d' actifs). De même, la manière dont les décisions d' allocation d' actifs sont mises en ?uvre a vocation à changer. Avant tout, le cash est devenu une classe d' actifs à part entière dans le portefeuille. Et la calibration et l' ajustement rapide du risque total du portefeuille sont devenus l' une des plus importantes décisions d' investissement.


L' interdépendance des marchés et des classes d' actifs et l' importance des facteurs techniques nécessitent aussi l' amélioration des sources en matière d' analyse: par exemple, fusionner la recherche crédit et actions ou créer une fonction d' analyste spécialisée sur des sujets politiques ou fiscaux? De même, l' intégration de facteurs techniques ou comportementaux dans la recherche sera un facteur clé de différenciation entre gestionnaires.



Enfin, Fitch souligne la nécessité d' avoir une approche plus globale du risque.

* European Asset Management : An industry under pressure ? Part 3 : Adapting to globalisation, lower returns and higher volatility

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