Les sociaux-démocrates veulent relancer l'Union européenne

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    * Une quinzaine de dirigeants, dont Tsipras, réunis à 
l'Elysée 
    * L'UE doit gérer les urgences et préparer l'avenir, dit 
Hollande 
    * Le président français parle aux "jeunesses européennes" 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 12 mars (Reuters) - Une quinzaine de dirigeants 
sociaux-démocrates européens réunis samedi à Paris se sont 
engagés à prendre des initiatives pour réformer une Union 
menacée d'"effacement" par les crises multiples et relancer la 
croissance, a dit François Hollande.  
    Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, le 
vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel et le président du 
Parlement européen, Martin Schulz, notamment, se sont retrouvés 
à l'Elysée à l'approche du Conseil européen de jeudi et vendredi 
à Bruxelles, essentiellement consacré à la crise des migrants. 
    Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, était convié à ce 
rendez-vous où les participants ont prôné une relance du projet 
européen quel que soit le résultat du référendum britannique sur 
la sortie de l'Union européenne du 23 juin ou celui des 
élections américaines, en novembre.  
    "Ce que les sociaux-démocrates ont à faire, c'est à la fois 
répondre aux urgences (...) mais aussi préparer l'avenir de 
l'Europe", a dit François Hollande devant la presse. 
    "Il y aura sûrement des initiatives à prendre après le 
référendum britannique, quelle que soit d'ailleurs la décision, 
même si nous souhaitons que le Royaume-Uni reste dans l'Union 
européenne", a-t-il ajouté. 
    Les décisions concerneront les Vingt-Huit "pour changer un 
certain nombre de procédures" mais aussi "pour avoir aussi dans 
la zone euro plus d'intégration". 
    Matteo Renzi a annoncé lors d'une conférence de presse 
séparée que les dirigeants sociaux-démocrates se rencontreraient 
la prochaine fois à Rome après le référendum britannique. 
         
    "LE RISQUE DE L'EFFACEMENT" 
    Les réflexions ont notamment porté sur les moyens de 
relancer l'investissement, dans les domaines du numérique et de 
l'économie "verte" par exemple. 
    "Il me semble que le climat change en Europe et nous devons 
continuer à y travailler", a dit Matteo Renzi. "Pendant trop 
longtemps, l'Europe a été perçue comme le lieu de l'austérité, 
un lieu sans espoir, sans croissance." 
    Trois jours après des manifestation de centaines de milliers 
de Français contre le projet gouvernemental de réforme du Code 
du Travail, François Hollande a insisté sur l'importance de 
s'adresser à la jeunesse.  
    "L'Europe, si elle ne répond à cette double exigence de 
sécurité pour beaucoup de nos concitoyens et d'espérance pour 
les peuples et notamment pour la jeunesse, les jeunesses 
d'Europe, l'Europe est à ce moment-là menacée", a-t-il prévenu.  
    "Non pas menacée de disparition -- les Vingt-Huit veulent 
continuer la marche --, non pas menacée de dislocation -- même 
si c'est un risque avec le référendum britannique -- mais 
simplement le risque de l'effacement, faute de volonté commune". 
    Sur le plan international, et en particulier dans le dossier 
syrien, l'Europe doit selon lui agir sans attendre les résultats 
de l'élection américaine.  
    "Quel que soit le choix des Américains, l'Europe doit 
prendre sa responsabilité. Elle ne peut pas simplement attendre, 
elle ne peut pas simplement participer, être associée, elle doit 
être à l'initiative", a-t-il dit. 
    La réunion de l'Elysée s'est penchée sur la crise actuelle 
des migrants et des réfugiés, qui fait l'objet d'âpres 
négociations entre l'Union et la Turquie pour trouver un terrain 
d'entente d'ici le sommet des 17 et 18 mars. 
    En vertu du projet d'accord trouvé lundi dernier lors d'un 
sommet extraordinaire, les Turcs acceptent de reprendre tous les 
migrants clandestins arrivés en Europe via son territoire, en 
échange d'un surcroît d'aide financière et de la suppression des 
visas pour les Turcs voulant se rendre en Europe, ainsi que 
d'une accélération des négociations pour une adhésion à l'UE. 
    François Hollande a insisté sur "la protection des 
frontières extérieure" de l'Europe et déclaré qu'il ne devait y 
avoir, à l'égard des Turcs, "aucune concession" en matière de 
droits de l'homme. 
 
 (Avec Steve Scherer, édité par Yves Clarisse) 
 
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