Les socialistes face au choix d'un chef à Marseille

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LE PS ORGANISE UNE PRIMAIRE CITOYENNE POUR DÉSIGNER SON CANDIDAT À LA MAIRIE DE MARSEILLE
LE PS ORGANISE UNE PRIMAIRE CITOYENNE POUR DÉSIGNER SON CANDIDAT À LA MAIRIE DE MARSEILLE

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Le Parti socialiste organise ce week-end le premier tour de la primaire destinée à désigner son candidat à l'élection municipale de Marseille, une consultation où sera scruté le taux de participation et l'influence supposée des réseaux locaux.

Comme pour celles organisées aux mêmes dates à Aix-en-Provence, Béziers, Boulogne-Billancourt et au Havre, la primaire citoyenne de Marseille est une grande première dans une ville où les militants avaient pris l'habitude de désigner leur porte-étendard à travers des dispositifs souvent opaques.

Dans la deuxième ville de France, qui cristallise l'attention avec ses problèmes de délinquance, six candidats sont en course pour obtenir l'investiture du PS au mois de mars, dont la ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l'exclusion, Marie-Arlette Carlotti.

Deux députés, dont Patrick Mennucci, une sénatrice, Samia Ghali, célèbre pour avoir demandé l'intervention de l'armée pour faire cesser la violence, un président de communauté urbaine, Eugène Caselli, et le porte-parole des socialistes au conseil municipal de la ville sont ses adversaires pour décrocher dimanche le droit d'accéder au second tour.

Si tous ne nourrissent pas forcément la même ambition, chacun entend peser d'une manière ou d'une autre sur un scrutin qui pourrait déterminer un nouveau rapport de forces au sein d'une fédération locale en pleine restructuration.

La seule référence reste la primaire socialiste organisée pour l'élection présidentielle de 2012, qui a fait se déplacer 27.000 personnes sur les 470.000 inscrites sur les listes électorales marseillaises.

Dans l'entourage des candidats, on estime que le vote de 15.000 sympathisants serait significatif et que celui de 20.000 serait un "vrai succès".

L'INFLUENCE DE GUÉRINI

Dans certaines sections socialistes de la ville, on s'inquiète pourtant d'une mobilisation difficilement quantifiable dans une fédération placée sous tutelle en mars après avoir été minée par les affaires et les rivalités.

Nombreux sont ceux qui jugent aussi que Jean-Noël Guérini garde toujours une influence dans le paysage socialiste local, malgré ses multiples démêlés judiciaires.

La crainte de voir l'ancien président de la fédération des Bouches-du-Rhône, mis en congé du PS, activer ses réseaux reste bien réelle dans l'esprit de candidats qui ont tous politiquement grandi dans son ombre.

Celui qui reste sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône a été le dernier socialiste à défier le maire UMP de la ville, en place depuis 1995 et probable candidat à sa propre succession, Jean-Claude Gaudin.

Marie-Arlette Carlotti et Patrick Mennucci ont même fait un argument de campagne de la rupture avec le système qu'incarne à leurs yeux l'ancien homme fort de la fédération PS, dont ils réclament à l'unisson le retrait de la vie politique.

Dans l'entourage de la ministre, qui n'envisage pas de démissionner de son poste, quel que soit le résultat de la primaire, on estime que le pouvoir de nuisance des "réseaux Guérini" reste important, surtout en cas de faible participation dimanche.

"On reste craintif sur une fraude toujours possible, on aura des yeux partout, mais c'est sûr qu'en deçà de 10.000 participants, cela sera tendu", dit un proche de Marie-Arlette Carlotti, qui est sous la menace de Samia Ghali et de Patrick Mennucci.

Les dirigeants socialistes, qui rêvent de reprendre les rênes de la deuxième ville de France, assurent avoir pris les dispositions nécessaires pour assurer une "totale transparence du scrutin".

La haute autorité des primaires a ainsi décidé de placer un de ses observateurs dans chaque bureau de vote.

Nul doute que les six candidats enverront aussi l'un des leurs vérifier la bonne marche du scrutin, pour éviter bourrage d'urnes et falsification de bulletins qui ont souvent émaillé un passé pas si lointain.

Edité par Yves Clarisse

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  • nayara10 le dimanche 13 oct 2013 à 00:09

    Il faut donner au peuple Français,le droit de son choix .Pas celui décidé pour eux !!!...

  • olyve54 le samedi 12 oct 2013 à 13:27

    de toute façon les socialopes se prendront une bonne avionnée comme il se doit.....pour les plus sceptiques on en reparle en 2014.....

  • 66michel le samedi 12 oct 2013 à 11:59

    ..qui tire à vue...... (plutôt)

  • 66michel le samedi 12 oct 2013 à 11:58

    Ce qu'il faut à Marseille et à la tete de l'état ce sont des gens à poigne. Trop de laxisme, de délinquance, et de n'importe quoi. L'armée dans les quartiers difficiles et qui tirent à vue à la moindre émeute.