Les skis Rossignol poursuivent leur relocalisation en France

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LES SKIS ROSSIGNOL POURSUIVENT LEUR RELOCALISATION EN FRANCE
LES SKIS ROSSIGNOL POURSUIVENT LEUR RELOCALISATION EN FRANCE

SALLANCHES, Haute-Savoie (Reuters) - La marque française de skis Rossignol poursuit sa politique de relocalisation en annonçant le retour sur le sol français d'une partie de sa production réalisée en Asie, une stratégie justifiée par la meilleure compétitivité de la France.

En 2013, c'est son usine ultra-moderne de Sallanches (Haute-Savoie) qui va prendre en charge la fabrication de 20.000 paires de skis Junior jusqu'alors fabriqués à Taïwan.

Ce rapatriement est la deuxième phase de relocalisation de la production du groupe qui avait amorcé cette nouvelle stratégie en 2010 avec le retour de 75.000 paires de skis alors fabriquées à Taïwan vers Sallanches.

Pour le groupe, ce choix industriel est justifié par des arguments économiques de rentabilité, une douce musique aux oreilles d'un gouvernement français qui joue la carte du "Made in France" pour freiner les délocalisations.

"Le coût des produits, l'agilité de la production, la proximité des marchés, au regard de ces trois critères, il nous est apparu indispensable de relocaliser notre production", explique Bruno Cercley, le président du groupe Rossignol.

"On est plus compétitif en France qu'à Taïwan", ajoute-t-il. "La matière première représente plus de 70% du coût de nos produits, et comme elle vient d'Europe, il revient très cher de la transporter en Asie puis de la ramener en Europe."

UNE FRANCE "AGILE"

Autre argument en faveur de la relocalisation: l'"agilité" de la production, c'est-à-dire le fait de rassembler sur un même site toute la chaîne industrielle, de la recherche à la production, en passant par la mise au point, la fabrication de prototypes et la logistique.

"La chaîne de commandement est plus agile si nous maîtrisons tout sur place et nous avons la possibilité ainsi de répondre en quelques jours à une commande de dernière minute, ce qui est impensable si nous fabriquons en Asie", poursuit le dirigeant.

C'est précisément ce qui s'est passé l'hiver dernier, lorsque le marché américain a passé commande en début de saison de 5.000 paires de ski supplémentaires.

Enfin, le groupe fait valoir la nécessité de produire au plus près de ses marchés.

"Le jour où nous aurons un marché asiatique important, on repensera à la question de la production sur place mais, pour l'instant, le marché est européen et nord-américain et nous avons besoin de rester proches de nos clients."

Cette stratégie de relocalisation de la fabrication, qui a permis depuis 2010 la baisse des coûts de production, mais également une politique d'innovation très forte, ont permis au groupe de renouer avec les bénéfices après une période critique.

La marque française a connu d'importantes difficultés dans le milieu des années 2000 qui ont amené son propriétaire, l'américain Quicksilver, à s'en séparer en 2008.

CHIFFRE D'AFFAIRES EN HAUSSE

Rachetée par la société Chartreuse et Mont Blanc, dirigée par Bruno Cercley, Rossignol a choisi de se recentrer sur le ski qui constitue son coeur de métier, de réduire ses effectifs de 35% dans le monde, dont 270 personnes en France, et d'imaginer de nouveaux produits.

Il a présenté un chiffre d'affaires 2012 de 207 millions d'euros, en légère progression avec un résultat net de 5 millions d'euros, malgré un marché en forte baisse pour cause de faible enneigement.

Rossignol compte actuellement 1.221 salariés dans le monde, dont 694 en France, répartis sur les sites de Saint-Jean-de-Moirans (Isère), Sallanches (Haute-Savoie), Nevers (Nièvre) et Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère).

La relocalisation d'une partie de la production asiatique a permis la création d'une quarantaine de nouveaux emplois en Haute-Savoie et la pérennisation des existants.

Le groupe Rossignol, qui regroupe les marques Rossignol, Dynastar, Lange, Look, Risport et Kerma, est aujourd'hui l'un des leaders mondiaux du marché des articles de sports d'hiver. 75% de son chiffre d'affaire est réalisé à l'export.

Aujourd'hui, Rossignol ne conserve en Chine qu'une partie de la production de ses snowboards. La fabrication de ses skis nordiques est assurée en Europe de l'Est, tout comme une partie de ses fixations et de ses chaussures en Pologne et en Roumanie.

Le reste de la production se partage entre la France, l'Espagne et l'Italie.

Le capital de l'entreprise est désormais détenu par la banque australienne Macquarie, le groupe américain Jarden, et à hauteur de 6% par le président du groupe, le français Bruno Cercley.

Edité par Yves Clarisse

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  • M610716 le vendredi 11 jan 2013 à 14:54

    Ah ,les basheurs vont en avaler leur rengaine à la K...

  • lelis le vendredi 11 jan 2013 à 14:44

    Et, oui, je me rappelle, l'Américain Quicksilver qui avait jeté l'éponge... Comme d'hab', quoi !

  • lelis le vendredi 11 jan 2013 à 14:42

    Ah, que ça fait du bien de lire ce genre de truc de temps à autre...