Les silences de Hollande

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Le chef de l'Etat est étrangement absent dans le débat budgétaire. Est-ce par faiblesse ou par indécision? Notre collaborateur Philippe Tesson n'en croit rien. Pour lui, le vrai Hollande ne s'est pas encore révélé.

La psychologie de François Hollande est énigmatique. L'homme est lisse, secret, pudique. Cependant, la manière dont il a vécu les épreuves de sa candidature et de sa campagne a levé certaines incertitudes. La pugnacité qu'il a montrée, sa maîtrise de soi, sa constance démentent le procès en faiblesse et en mollesse qu'on lui fait encore. Il a révélé une capacité de résistance et une confiance en soi qu'on ne soupçonnait pas et qui trahissent un caractère. Sa résolution est le signe d'une ambition, cela est évident et propre à tout animal politique mais, au-delà, d'une volonté. Cet homme là n'est pas l'esclave de son affect, ce qui donne à penser qu'il est indifférent aux outrages qu'il reçoit, indifférent tout court peut-être, insensible aux jeux du sentiment; donc un pur politique.

Depuis 40 ans la politique est son horizon

Il va avoir 60 ans. Depuis plus de quarante ans, la politique est son horizon, son exclusif univers, son unique grille de lecture du monde, des hommes et de la vie. La politique est sa religion, et son Eglise, le Parti socialiste, dont il fut le clerc le plus dévoué de sa génération. Cela forme et déforme un homme. La force de François Hollande est dans sa parfaite connaissance de la mécanique politique. Sa faiblesse est dans son aliénation à une famille, à un dogme, à un système de pensée.

Question: peut-on garder l'esprit libre et critique lorsqu'on a durant si longtemps, durant toute une vie, subi le poids d'un engagement aussi entier, peut-on se libérer d'une pareille chaîne? Le voici en charge d'une responsabilité qui exige de transcender l'intérêt personnel et l'intérêt partisan. Saura-t-il s'affranchir du déterminisme dans lequel l'enferme son long passé? Les cinq premiers mois de son mandat permettent d'en douter, les faits le disent, les sondages le confirment. On aurait tort d'en tirer d'ores et déjà une conclusion définitive. Ces tâtonnements, ces contradictions, ces imprécisions que l'on relève dans l'exercice du pouvoir n'ont qu'une signification relative: ils sont la rançon d'une immaturité, d'une inexpérience que le temps va fatalement corriger. Si Hollande dispose d'un avantage, c'est bien celui de la durée. Elle lui est institutionnellement acquise. Un autre avantage: l'absence d'une opposition organisée. Pour l'heure, son adversaire le plus efficace est paradoxalement à gauche. La majorité du Président est idéologiquement hétérogène, et elle est turbulente. Ainsi va la gauche. Or il est plus qualifié que quiconque pour gérer cette confusion. On vient de dire que ce fut son métier. Il a su, du temps où il dirigeait le PS, aplanir les crises internes et négocier les compromis. On a assez dit qu'il était l'homme de la synthèse.

Les compromis internes ne peuvent durer éternellement

Si l'on admet que François Hollande a montré plus de caractère qu'on ne supposait, la question principale reste posée: quelle est son idéologie et quel est son réel projet politique? On n'a jamais cru qu'un programme électoral serait la bible qui commanderait l'action d'un Président élu. Pas davantage on ne prend à la lettre le livre que se croit obligé d'écrire tout candidat. À lire Changer de destin, dont Hollande est l'auteur, on pourrait espérer qu'un monde nouveau va se lever. Aucun monde nouveau ne se lève hélas jamais, surtout lorsqu'une crise secoue le monde ancien.

En vérité, la pensée de François Hollande, si on la mesure à l'aune de son passé, de ce qu'il est et de ce qu'il peut, se résume à ceci: un peu plus de justice dans la répartition des richesses et un peu plus de liberté (ou d'anarchie?) dans l'ordre social et culturel. Mais tout porte déjà à croire que le résultat ne sera pas à la hauteur de ce qu'espère la gauche qui le soutient, faute de mieux. La stratégie des arrangements et des compromis internes ne durera pas éternellement. Alors surviendra, à la faveur d'un accident imprévisible, l'épreuve de vérité qui forcera François Hollande à se soumettre au principe de réalité et à mettre son pragmatisme au service d'un choix politique raisonnable.

Il n'est pas l'homme des aventures. «Je ne suis pas pour une gauche dure, une gauche sectaire», a-t-il dit un jour. C'est de cet aveu qu'on a inféré qu'il était mou. Mais c'est la France qui est molle, et qui l'amènera à recentrer sa politique. Il ne forcera pas sa nature idéologique. Il retournera à ses origines, à sa filiation: Mitterrand, Guy Mollet, la IVe République, etc. Cela ne se fera pas sans problèmes.

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  • cmike1 le dimanche 21 oct 2012 à 21:39

    tellement nul le gonze qu'Al quaïda va finalement l'epargner, vivant il est bien plus nefaste que mort à son pays, faut plus compter sur eux pour nous en debarrasser ... il nous reste quoi ?! l'acte d'un desequilibré ?! une hypercholestérolémie léthale ? ca fait mince, 'tain, j'crois qu'on va se le coltiner 5 ans le porcelet au carisme d'une huitre !

  • xavib le samedi 20 oct 2012 à 20:15

    Il y a déjà vacance du pouvoir.. après 4 mois.

  • napro le samedi 20 oct 2012 à 09:30

    Hollande et son gouvernement tiennent les engagements promis durant la campagne présidentielle. La détermination que montre Hollande tant au plan national qu'Européen, permet déjà des avancées notables. En fait, pour l'instant, il est un excellent Président ! Mêmes les nostalgiques doivent le penser mais ne veulent pas l'avouer. Ha! le sectarisme..

  • mlaure13 le samedi 20 oct 2012 à 00:44

    Assez d'accord avec cette dépêche ....le "fer" vient seulement d'être croisé, et 2013 devrait nous le révéler !...

  • thoma657 le vendredi 19 oct 2012 à 19:42

    D'accord avec vous Monsieur, mais nous ne vous entendons pas sur les dépenses ou encore les changements structurels. Pour l'instant, les revendications catégorielles l'emportent...les affinités électorales aussi. A force de raser gratis

  • jean-648 le vendredi 19 oct 2012 à 18:34

    On en tirera le bilan dans 4 ans et 6 mois. D'ici là laissons aboyer ceux qui ont perdu les elections. De Gaule c'est la guerre qui l'a construit pas la politique. Depuis des années on parle de reduire la dette, mais c'est tellement plus facile de l'accroire que de la combatre et jusqu'à présent on ne l'a pas reduite on a seulement moins emprunté.....

  • frk987 le vendredi 19 oct 2012 à 17:16

    Aucun charisme, la nullité personnifiée le tout matiné de mensonges, d'irréalisme, de dogmatisme et de sectarisme. En un mot le c.. absolu mais l'ennui c'est qu'il y en a encore pour plus de 50 mois à moins qu'Al Quaida tienne parole.

  • derastea le vendredi 19 oct 2012 à 17:11

    iL EST TELLEMENT INCAPABLE QU IL NE VEUT PAS EN PARLER. CELA LUI EVITE DE DIRE DES CONN ERIES

  • M4048391 le vendredi 19 oct 2012 à 17:06

    C'est un imposteur qui est là grâce au copinage politique mais pas par conviction personnelle! Personne ne sait encore qu'il ne parle pas anglais...

  • jellevy le vendredi 19 oct 2012 à 17:05

    Ah pitié , Philippe Tesson ...Hollande est un nullard et le plus nul des présidents Français jamais élu.Et le pire c'est que les Français qui ont voté pour lui ne regrettent pas de l'avoir fait.Quand il aura ruiné la France et nous aura tous plumé, on verra bien sa valeur s'il arrive à finir son mandat ...Vue son impopularité croissante, dans quelques mois, il sera à 0 % de satisfaction .