Les sextoys tabous? C'est fini !

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Désormais stylisés par des équipes marketing, vendus en magasins de grande consommation, et banalisés dans les médias, les sextoys sont de plus en plus populaires depuis quelques années.

Jeudi une distribution gratuite de sextoys a viré à la foire d'empoigne à Manhattan au point que la mairie de New York a du annuler l'opération. À présent, plus forcément de gêne à s'en procurer et le marché des sextoys continue de prospérer à travers le monde. Qu'est ce qui fait que ce marché se développe dans le monde? Qui en profite? Petit tour d'horizon de cette industrie qui se démocratise de plus en plus depuis une dizaine d'années.

Longtemps vus comme des objets réservés à un public d'initiés, vendus dans des boutiques peu engageantes, les sextoys sont aujourd'hui design, ludiques et surtout en vente dans des lieux beaucoup plus grand public. La vente se fait désormais dans des magasins branchés baptisés «love-shop», au design soigné comme ceux de l'enseigne Passage du désir, situés dans le 1er et le 4ème arrondissement de Paris. On en trouve aussi dans certaines parfumeries comme Sephora (qui a commercialisé des canards vibrants habillés par Chantal Thomass et Sonia Rykiel), certaines boutiques de lingerie et même dans des supermarchés depuis environ un an. La vente sur Internet - sur des sites comme sexyavenue.com - et lors de réunions privées s'organisent également. La société Yoba organise par exemple des ventes à domicile depuis 2002, date à laquelle ses deux fondatrices Caroline Weinberg et Sophie Hafior-Haimerson ont importé le concept de Suède. Sept ans après, les sextoys étaient classés deuxième parmi les produits qui se vendent le mieux à domicile selon L'Entreprise.

Un joaillier spécialisé dans les «bijoux intimes»

Les marques, même grand public, s'empressent de s'organiser pour tirer profit du marché. Philips a par exemple commercialisé des «masseurs sensuels» de 2009 à 2010. Prudent, le fabricant de produits électroniques ne vendait que sur Internet, dans les catalogues de Darty.com, des 3Suisses.fr ou de LaRedoute.fr pour un prix compris entre 69,99 et 149,99 euros. L'enseigne Tenga, elle, compte bien continuer à être leader sur le marché des sextoys masculins français sur lequel elle ne subit pas de concurrence frontale. A contrario, les boutiques de ventes en ligne subissent de plus en plus de concurrence. «Nous accusons un recul de 2 millions d'euros de notre chiffres d'affaires entre 2007 et 2011» admet Nouhad Meghzili, responsable produit chez Sexyavenue. La maison Victor, un joaillier de la place Vendôme, s'est quant à elle spécialisée dans les «bijoux intimes» et mettait en vente en mars 2010 le sextoy le plus cher du monde : une création originale personnalisable en or 18 carats, sertie de 117 diamants véritables, pour la coquette somme de 40.000 euros. «Nous avons conçu ce sextoy comme une déclaration d'amour un peu particulière pour gens riches» expliquait Jean-François Tokars joaillier gérant à l'AFP lors du lancement de ce produit.

Sans surprise, c'est en la Chine qui fabrique la majeure partie des sextoys vendus dans le monde. Le pays réalise 70% de la production mondiale et ses plus gros clients sont l'Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Russie.

La France en retard

Les raisons de ce succès sont en partie à chercher du coté des médias. Ils contribuent fortement à la démocratisation de l'usage de sextoys en le banalisant. La mode du sextoy s'opère intrinsèquement depuis le web, suivi de près par la presse féminine et la télévision. Des programmes abordant le sujet du sexe se sont développés, à l'image de la série désormais culte «Sex and the city». Des célébrités particulièrement influentes comme Madonna, Kate Moss ou Eva Longoria n'hésitent pas à évoquer leur sexualité dans certains programmes télévisés. les innovations technologiques et le marketing font le reste.

La France conserve tout de même un retard par rapport aux Etats Unis et surtout par rapport à la Grande Bretagne puisque les Français dépenseraient environ 1,07 euro par personne et par an pour l'achat de sextoys, contre 1,25 aux Etats Unis et surtout 5,27 euros en Grande Bretagne.

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  • adelala2 le dimanche 12 aout 2012 à 20:15

    Bof! Les m.....x du marketing surpayés doivent s'en frotter les mains. Que les gens sont facilement maipulables...;

  • housssss le dimanche 12 aout 2012 à 16:28

    drôle de société ou le concept d'intimité est devenu "as been" et où ils vont bientôt nous dire qu'il faut être échangiste parce que ç'est ça qui se vend bien en ce moment.

  • herve71 le dimanche 12 aout 2012 à 13:05

    En temps de crise, sexe et chocolat 2 valeurs sûres !

  • M1608998 le dimanche 12 aout 2012 à 12:07

    Cela prouve que nous sommes bien meilleurs que les anglais... A nous les petites anglaises, il faut combler les manques, le tapis rouge en sens inverse...

  • guerber3 le dimanche 12 aout 2012 à 09:04

    Les animaux vont être jaloux de voir les humains jouer comme eux dans le caniveau....mias, c'est américain...difficile d'être étonné!!!