Les séparatistes ukrainiens ignorent Poutine

le
20
LES SÉPARATISTES UKRAINIENS MAINTIENNENT LE RÉFÉRENDUM
LES SÉPARATISTES UKRAINIENS MAINTIENNENT LE RÉFÉRENDUM

par Matt Robinson

DONETSK Ukraine (Reuters) - Les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine ont annoncé jeudi le maintien à la date de dimanche de leur référendum d'autodétermination malgré l'appel à un report de ce scrutin lancé la veille par Vladimir Poutine.

A Donetsk comme à Louhansk, les deux régions administratives formant le Donbass, les chefs de file du mouvement séparatiste n'ont pas tenu compte de la demande du président russe.

"Nous venons juste de voter au Conseil populaire (...) La date du référendum a été approuvée à 100%. Le référendum aura lieu le 11 mai", a déclaré Denis Pouchiline, chef de la "République populaire de Donetsk", s'adressant à des journalistes en présence d'un homme armé.

"Des millions de personnes veulent voter. Le référendum aurait eu lieu même si nous avions voté contre. La guerre civile a déjà commencé. Le référendum peut y mettre fin et permettre l'ouverture d'un processus politique", a-t-il ajouté.

Le scrutin aura également lieu à Louhansk, a confirmé l'Armée du Sud-Est citée par l'agence de presse RIA.

A Moscou, les autorités russes ont réagi avec prudence à ce qui peut apparaître comme une rebuffade, attendant, selon le porte-parole du Kremlin, davantage d'informations.

TRADUIRE LES DISCOURS PAR DES ACTES

Les Européens, alliés des autorités en place à Kiev depuis la chute de Viktor Ianoukovitch en février, ont pour leur part pressé le président russe de mettre en accord ses déclarations et les opérations sur le terrain.

Notant que "les récentes déclarations du président Poutine semblent aller dans la bonne direction", le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a indiqué dans un communiqué que "ces perspectives doivent maintenant se traduire sur le terrain".

"L'urgence, a-t-il insisté, est l'arrêt des violences et un dialogue national incluant toutes les parties, dans la perspective des élections présidentielles du 25 mai."

Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a jugé pour sa part que les déclarations de Vladimir Poutine constituaient "peut-être un tournant" dans la crise, susceptible de redonner une chance à la diplomatie.

"Je salue le ton constructif du président Poutine après sa rencontre avec le président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ce qui a été débattu à Moscou doit à présent se traduire en acte sans délai", a-t-il dit.

Avant même son rejet par les séparatistes du Donbass, l'appel lancé par Vladimir Poutine à un report du référendum n'avait pas convaincu les autorités de Kiev.

Dans la matinée, Andriy Paroubi, qui préside le Conseil de sécurité et de défense, promettait la poursuite de l'offensive lancée pour restaurer l'autorité de Kiev dans l'Est. "L'opération antiterroriste va continuer quelle que soit la décision des groupes terroristes des régions de Donetsk et de Louhansk", prévenait-il lors d'une conférence de presse organisée dans la capitale.

POUTINE PEUT DÉMONTRER QU'IL N'EXERCE AUCUN CONTRÔLE

C'est ce point que Moscou semble vouloir mettre en avant pour expliquer la décision des séparatistes du Donbass.

"D'abord Kiev a déclaré qu'il ne lèverait pas ses opérations punitives puis il y a eu cette déclaration selon laquelle le référendum ne sera pas remis à plus tard", a souligné Dmitri Peskov, le porte-parole de Poutine.

Le ministère des Affaires étrangères a observé pour sa part que l'attitude du pouvoir central avait remis en cause les perspectives d'un dialogue entre les parties impliquées dans la crise ukrainienne, ce même dialogue invoqué la veille par Poutine pour appeler à un report du scrutin.

Mercredi, plusieurs observateurs, dont le politologue Evguéni Mintchenko, proche du Kremlin, estimaient que selon toute vraisemblance, les chefs de file du mouvement séparatiste accéderaient à la demande du maître du Kremlin. "Ils savent que sans le soutien de la Russie et, de fait, de l'armée russe, ils pourraient être soumis à des frappes militaires sévères", expliquait ainsi Mintchenko.

D'autres observateurs jugent au contraire plausible que Poutine ait anticipé le refus des séparatistes de Donetsk et de Louhansk. Dans cette perspective, le rejet de sa demande démontrerait que, contrairement à ce qu'affirment Kiev et les Occidentaux, il ne les contrôle pas.

Ce rejet, analyse Maria Lipman, du Carnegie Center de Moscou, "peut être utilisé pour démontrer que les gens de l'Est ukrainien ne sont pas des Russes, qu'ils ne reçoivent pas leurs ordres de la Russie, que la Russie n'exerce aucun contrôle sur eux et qu'ils font ce que bon leur semble".

Il permet aussi à Moscou de prendre ses distances avec une consultation qui ne sera de toute façon pas reconnue par l'Occident. Et de relancer ses propres critiques à l'encontre de l'élection présidentielle anticipée qui doit se tenir le 25 mai dans toute l'Ukraine.

Il serait "insensé" que ce scrutin ait lieu sans un arrêt préalable des opérations de l'armée ukrainienne et l'ouverture d'un dialogue national, a estimé le ministère russe des Affaires étrangères.

(avec Elizabeth Piper et Gabriela Baczynska à Moscou; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M608962 le jeudi 8 mai 2014 à 21:47

    alvaro 71 très juste

  • alvaro71 le jeudi 8 mai 2014 à 17:29

    Les séparatistes Ukrainiens n'ignorent pas Poutine, bien au contraire. C'est la stratégie de Poutine de faire croire qu'il s'oppose au référendum. En sous mains il s'active pour que ce referendum est lieu

  • alvaro71 le jeudi 8 mai 2014 à 17:27

    Poutine n'a pas retiré ses troupes cela a été confirmé par l'Otan

  • exmarot9 le jeudi 8 mai 2014 à 17:24

    l'OTAN continue ses manoeuvres militaires en Pologne et dit qu'une présence militaire PERMANENTE de l'OTAN dans les pays de l'est est envisagée, et cela m^me alors que POUTINE dit qu'il retire ses troupes à la frontière. Qui veut poursuivre l'escalade dans cette crise ????

  • alvaro71 le jeudi 8 mai 2014 à 17:18

    v,sasoon tu n'as pas encore compris que ta propagande ne fonctionne pas avec moi.montage, contre vérités quelle tristesse d'avoir recours à ce genre de procédés

  • exmarot9 le jeudi 8 mai 2014 à 17:18

    "quelque soit la décision des groupes terrroristes l'opération antiterroriste va continuer " : on voit bien la triste détermination de Kiev à abattre les ukrainiens prorusses m^me s'ils acceptent de ne plus tenir de référendum. Aucun dialogue possible avec Kiev qui est devenu arrogant après le passage du directeur de la CIA et la venue de Jbiden

  • alvaro71 le jeudi 8 mai 2014 à 17:14

    oui sasoon "tes fesses" à moins que tu n'en ai qu'une......... comme ton QI

  • alvaro71 le jeudi 8 mai 2014 à 17:13

    pas d'arrogance un simple constat messieurs vous n'avez même pas le courage de vos opinions, vous racontez des mensonges à longueur de journée. Mais personne ne vous croit car vous n'êtes pas crédibles. entre le vsasoon qui poste 24h/24 et le nlecomte qui a des hallucinations, on est face à une sacré bande de branques. J'espere que le Kremlin ne vous rémunère pas quand même

  • v.sasoon le jeudi 8 mai 2014 à 16:58

    alvaro71 C'est clair: le "TES fesses" et le "ON va t'expliquer" tout ton courage est resumé dans le singulier vis a vis du pluriel.On comprend que tu soutienne les assassins d'odessa.

  • v.sasoon le jeudi 8 mai 2014 à 16:52

    http://reseauinternational.net/odessa-un-simulacre-dincendie-pour-couvrir-lexecution-dun-des-plus-atroces-massacres-jamais-vus/