Les seniors tirent la croissance de l'e-commerce

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INFOGRAPHIE - La progression du marché ralentit. De nouveaux clients vont lui permettre d'atteindre 50 milliards d'euros en 2013.

La France est entrée en récession, pas son ­e-commerce. Les ventes en ligne ont augmenté de 14 % au premier trimestre, à 12,1 milliards d'euros, selon la Fédération du ­e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Une hausse un peu plus faible qu'au premier trimestre 2012 (+ 19 %).

Si la croissance du e-commerce est moins vive, elle reste porteuse pour les entreprises, qui, de la grande distribution à la mode en passant par les biens culturels, high-tech ou les voyages, y réalisent une part croissante de leurs chiffres d'affaires.

Des géants comme Amazon et C-discount continuent de caracoler en tête des sites de e-commerce les plus visités en France. Mais de nombreux acteurs, plus petits ou issus du commerce ­traditionnel, se lancent tous les jours. Au premier trimestre, le nombre de sites marchands actifs ainsi a augmenté de 18 %: 19.000 nouveaux marchands sont ainsi partis à l'assaut du Web. «Deux sites se créent par heure en France», résume Marc Lollivier, délégué général de la Fevad. 10.000 nouveaux emplois ont ainsi été créés en 2012. Et 86 % des sites prévoient de recruter encore en 2013.

Baisse des ventes de vêtements en ligne

Côté consommateurs, la force d'attraction du e-commerce ­opère toujours, malgré la réduction du pouvoir d'achat. Sur les trois premiers mois de l'année, ils ont été, selon Médiamétrie, 32,6 millions à dépenser en ligne, soit 5 % de plus que l'année dernière.

De nouveaux clients se lancent, notamment chez les seniors, ou les «Silver Surfers», comme les appellent galament les professionnels du Web. «On aurait pu craindre que l'augmentation des achats chez les 65 ans et plus soit entamée par la crise, explique Marc Lollivier. Il n'en a rien été. Au contraire, ils ont été nombreux, ce qui fait de cette classe d'âge un bon relais de croissance.» Le nombre de cyberacheteurs de plus de 65 ans a progressé de 27 % sur le premier trimestre.

Les CSP + et les 25-49 ans restent majoritaires, mais le nombre des 50 ans et plus qui achètent en ligne a progressé, depuis quatre ans, deux fois plus vite que celui des cyberacheteurs tous âges confondus.

Le comportement d'achat en ligne évolue. Le panier moyen par transaction a ainsi atteint un ­niveau historiquement bas au premier trimestre, à 85 euros, en baisse de 4 % sur un an. Ce recul n'est pas forcément un reflet de la crispation de la consommation.

Dans le même temps, la fréquence d'achat est en effet passée de 4,8 à 5,5 achats par trimestre et par personne. Au total, le montant moyen dépensé par acheteur est passé de 427 à 467 euros, en croissance de 9 %.

Cette multiplication du nombre de transactions est sans doute ­tirée par l'essor des achats sur smartphone ou tablette, qui représentent déjà 10 % des ­commandes. Ce «m-commerce», en vogue pour les achats de billets de train et d'avion ou de vêtements, constitue un relais de croissance pour les sites: les plus offensifs y réalisent déjà 5 % de leurs ventes. Un chiffre qui a doublé en un an. Au niveau mondial, d'ici à 2015, la moitié des ventes sur Internet pourrait se faire via téléphones ou tablettes.

La croissance toujours aussi forte du nombre de sites de ­e-commerce et de places de marché fragilise la situation des 40 leaders du e-commerce. Leur croissance s'est ainsi limitée à 2 % au premier trimestre. Cette évolution est fortement impactée par le secteur de l'habillement, en recul de 7 % par rapport au premier trimestre de l'an passé.


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  • paumont1 le vendredi 17 mai 2013 à 10:28

    quand je vois des gamins de 20 ans qui ont un 4x4 neuf et qui finissent en commission de surendettement parce que noyés sous les crédits à la consommation je me pose des questions...il n'y a pas que l'état qui dépense plus que ce qu'il gagne...

  • paumont1 le vendredi 17 mai 2013 à 10:25

    c'est vrai que les jeunes sont malheureux en france, mais ce n'est pas du aux seniors qui travaillaient plus de 40 heures, voire 44, qui n'avaient que trois semaines de congés, qui ont attendu d'avoir 40 ans pour avoir une voiture neuve,et 50 pour avoir fini de payer leurs crédit sur le logement. non, ce sont les 35 heures, le chömage et les 577 députés, le millefeuille électoral,la bureaucratie les allégements de charges et d'impôts pour les plus riches...

  • M2688280 le vendredi 17 mai 2013 à 10:11

    @PenilopeC'est tellement vrai qu'il est étonnant que nos politiques n'évoquent pas ce problème qui pèse autant sur le travail que l'immobilier.Lacheté politique.

  • penilope le vendredi 17 mai 2013 à 09:26

    pas très etonnnant, ce sont les 55-65 ans qui concentrent le patrimoine privé français et c'est eux qui peuvent consommer au dépend des jeunes générations dont le taux de smicards augmente d'année en année et qui supportent de plus en plus de taxation sur leur salaire tout cela pour permettre à leur parent de conserver leurs privilèges au prix en sus d'un endettement du pays