« Les semestriels, clés de la sortie par le haut de la quadruple consolidation du printemps » par Hubert Tassin (Cercle des analystes indépendants)

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Les profits des entreprises doivent maintenant justifier la hausse des multiples selon Hubert Tassin.
Les profits des entreprises doivent maintenant justifier la hausse des multiples selon Hubert Tassin.
L’effet QE de la BCE intégré par les marchés au premier semestre, les bénéfices des entreprises redeviennent une préoccupation majeure des marchés estime l’analyste Hubert Tassin.

La quadruple consolidation du printemps 2015 tente une sortie par le haut avec l’arrivée de l'été. On ne peut cependant pas ignorer les retours de cours entre le 15 avril et le 15 juin sur les taux d'intérêt européens, sur le dollar, sur les Bourses du vieux continent, qui se sont ajoutés au rebond du pétrole amorcé en janvier.

On peut appeler volatilité ce qui est finalement simplement la fin d'une hausse largement indicielle des actions, et l'anticipation excessive des effets de la stratégie non conventionnelle de la Banque Centrale Européenne. On s'inscrit finalement dans un retour aux fondamentaux et le calendrier va y contribuer assez largement, avec les publications des comptes semestriels à partir de la deuxième semaine de juillet aux Etats-Unis, après le 14 juillet en Europe.

Les bénéfices des entreprises (re)deviennent une préoccupation majeure sur les marchés financiers. Ce lundi 23 juin, Robeco a un peu pris le consensus à contrepied en annonçant la fin de la sur-pondération des actions dans ses allocations d’actifs stratégiques. Cette évolution de gestion vise une protection face à un risque de correction qui, précisément, serait la résultante d'un retard des profits des sociétés cotées par rapport aux cours de Bourse.

Les profits doivent justifier la hausse passée des multiples

D'une façon générale, les multiples de valorisation sur les grandes Bourses ont pris de l'avance sur les performances des entreprises. C'est le cas aux Etats-Unis, en raison du biais des investisseurs et des analystes financiers de « prolonger la courbe » ascendante, liée à la croissance économique. C'est aussi le cas en Europe et au Japon. Les flux jouent évidement un rôle dans ces anticipations, mais il est avéré que, pour prendre le cas de la zone euro, la forte hausse depuis juin 2012 a réévalué les multiples, et qu'il faut que la progressions des profits vienne le justifier. Le graphique réalisé par les spécialistes d'Allianz GI met en évidence de façon spectaculaire la contribution quasi exclusive de cette expansion des multiples, à la hausse des actions européennes en trois ans (de 86 % pour le Dax par exemple).

Les prévisions 2015 et 2016 vont être réévaluées

La question est simple finalement : on a anticipé, va-ton être déçu ? Dans les niveaux actuels, le multiple des actions françaises ou allemandes est voisin de 15 fois les bénéfices attendus pour 2015. On paie sans doute un peu plus que la progression attendue des profits de l'ordre de 10 % C'est dire que, pour justifier les niveaux actuels, il y a une nécessité de dépassement du consensus des analystes financiers pour cette année ou/et une perspective de nette accélération prévue pour 2016.

Il y a tout lieu de croire que les deux facteurs vont finalement jouer favorablement.

Pour ce qui concerne l'exercice en cours, c'est assez bien parti. Plus des deux tiers des sociétés européennes ont publié des résultats trimestriels au-dessus ou en ligne avec le consensus. La hausse moyenne est ressortie à un peu plus de 10 % et, hors secteur de l'énergie elle approchait 30 %. Le mouvement de révision à la hausse des estimations des bénéfices européens pour 2015 par les analystes financiers, commencé en octobre dernier, s'est ainsi confirmé.

Pour ce qui concerne 2016, la confirmation du cycle de croissance qui s'impose statistique après statistique permet d'ores et déjà de prendre le pari assez sûr de nettes réévaluations par rapport aux projections de résultats, attendues en moyenne en hausse de 13 %. Une croissance de 1,8 % en France va donner de vrais effets de levier avec le maintien de conditions de taux et de changes favorables.

Viser le retour dans les meilleurs niveaux du 1er semestre

Au-delà d'une saisonnalité qui n'est pas la plus favorable aux actions, la période des publications du 14 juillet au 31 août doit donner aux investisseurs  la possibilité d'enclencher une nouvelle phase de hausse des actions européennes. Le risque va être rémunéré au gré des communications des managements et de leurs effets sur les estimations des profits à venir, société par société. Si on se place sur le plan général, le risque principal semble provenir des Etats-Unis : si Wall Street devait consolider sur fond de bénéfices revus à la baisse, les Bourses européennes pourront-elles aller à contresens sur la base des réévaluations? Dans un environnement financier marqué par le retour aux fondamentaux, on peut parier que oui, et accroître les expositions pour viser un retour des indices dans les plus hauts 2015. Peut-être au-delà pour les plus décotés, Italie en tête.

Hubert Tassin

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d’analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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