Les secours tentent de s'organiser à Vanuatu, bilan incertain

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par Christopher McCall SYDNEY, 15 mars (Reuters) - De premières cargaisons d'aide humanitaire ont commencé dimanche à être acheminées vers le Vanuatu, où les autorités ont décrété l'état d'urgence après le passage dévastateur du cyclone Pam, qui a fait au moins huit morts, rasé des milliers d'habitations et rompu partiellement les communications au sein de cet archipel du Pacifique. Le bilan, qui fait aussi état de 20 blessés, risque de s'alourdir alors que les autorités ne parviennent toujours pas à entrer en contact avec les îles reculées de l'archipel. Des responsables de la Croix-Rouge ont dit qu'un premier avion militaire néo-zélandais chargé d'aide avait été autorisé à atterrir sur l'aéroport de Port-Vila, la capitale, partiellement rouvert. Les Nations unies doivent dépêcher sur place dimanche une équipe de neuf membres chargée d'effectuer une première évaluation des dégâts après le passage de ce cyclone de catégorie 5, le niveau maximal, qui, à son paroxysme, a recouvert entièrement l'archipel sur les images satellites tout en le balayant avec des rafales de vent supérieures à 300 km/h. Des témoins ont parlé de vagues de huit mètres de haut, qui, conjuguées aux fortes pluies, ont provoqué des inondations. Port-Vila, jonchée de débris, offre un spectacle de désolation, comme si une énorme bombe avait explosé au milieu de la ville. Des milliers d'habitants se retrouvent sans abri. Certains ont afflué vers des centres d'hébergement provisoire, d'autres restent hébétés au milieu des ruines de leur maison. Le président Baldwin Lonsdale, qui se trouvait au Japon pour une conférence sur les risques naturels au moment du passage du cyclone, a appelé le monde à "tendre sa main" au Vanuatu. Il devait tenter de rentrer dans son pays ce dimanche. Plusieurs pays, dont la France, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Grande-Bretagne, ont proposé leur aide mais la configuration de l'archipel, composé de 83 îles, pourrait entraver le déploiement des secours. ALERTES LEVÉES EN NOUVELLE-CALÉDONIE La crainte est particulièrement vive pour les îles reculées dépourvues des équipements nécessaires pour venir en aide à la population. Les autorités du Vanuatu disent ne pas être en mesure de contacter la moindre région en dehors de la capitale. "Notre réseau de communication est toujours coupé", a dit Paolo Malatu, du bureau national de gestion des catastrophes naturelles, à Reuters. "Nous ne disposons d'aucune information en provenance de l'extérieur de Port-Vila." "Les principaux besoins pour le moment portent sur les abris, la nourriture et le matériel de nettoyage", a-t-il ajouté. Aurelia Balpe, responsable régionale de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a déclaré à Reuters que les communications constituaient un énorme problème et que le système sanitaire de Vanuatu n'était pas équipé pour faire face à une catastrophe de cette ampleur. "Nous nous préparons à ce que (le bilan) s'alourdisse, particulièrement à mesure que les informations arrivent en provenance des îles éloignées. Nous parlons d'îles qui sont isolées et vraiment petites, avec rien de ce que nous pourrions qualifier d'infrastructures modernes", a pour sa part déclaré Colin Collett van Rooyen, responsable de l'ONG Oxfam à Vanuatu. Le cyclone s'éloignait vers le Sud dimanche. Les alertes cycloniques ont été levées sur la Nouvelle-Calédonie, pour laquelle, selon Météo France, Pam ne représente plus une menace. "Il se déplace vers le sud sud-est à environ 50 km/h, ce qui l'éloigne rapidement de la Nouvelle-Calédonie", écrit Météo France. "Pam est encore classé en catégorie 4 sur l'échelle australienne mais continue de s'affaiblir. (...) (Il) génère des vents moyens estimés à 200 km/h (rafales à 280 km/h) près de son centre." La Nouvelle-Zélande s'apprête à en subir les effets à son tour et les autorités néo-zélandaises ont invité la population à se préparer à des vents violents, à de fortes pluies et à une mer agitée. (Avec Lincoln Feast; Bertrand Boucey pour le service français)

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