Les secours tentent de s'organiser à Vanuatu, bilan incertain

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* Les premières équipes d'assistance arrivent sur place * Un bilan partiel et provisoire fait état d'au moins huit morts * Le président du Vanuatu "craint le pire" par Christopher McCall et Lincoln Feast SYDNEY, 15 mars (Reuters) - Les premières cargaisons d'aide humanitaire sont arrivées dimanche au Vanuatu, où les autorités ont décrété l'état d'urgence après le passage dévastateur du cyclone Pam, qui a fait au moins huit morts, rasé des milliers d'habitations et rompu partiellement les communications au sein de cet archipel du Pacifique. Le bilan provisoire, qui évoque également état une trentaine de blessés, risque de s'alourdir à mesure que les autorités parviendront à entrer en contact avec les îles reculées de l'archipel du Pacifique-Sud. A Sendai, au Japon, où il participe à la troisième conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophe, le président du Vanuatu a dit "redouter le pire". "Les gens ont trouvé refuge où ils le pouvaient pour la nuit. L'état des dégâts est encore en cours d'évaluation, nous ne connaissons pas précisément leur étendue. J'espère vraiment que le nombre de victimes sera mineur", a ajouté Baldwin Lonsdale. Son ministre du Changement climatique, James Bule, a souligné pour sa part que la population du Vanuatu était habituée aux tempêtes, même si elles sont rarement d'une telle violence, et savait ce qu'il convient de faire. Les dégâts matériels, eux, devraient être très étendus. ÉVALUER LES BESOINS Un avion militaire néo-zélandais transportant huit tonnes d'équipements et une première équipe de secouristes a pu atterrir sur l'aéroport de Port-Vila, la capitale, partiellement rouvert. L'Australie a envoyé deux appareils militaires, dont l'un achemine des équipes médicales, des secouristes et du matériel d'urgence. Un avion de l'armée française a décollé dimanche de Nouvelle-Calédonie avec une équipe d'évaluation à son bord. Cette première mission, en coordination avec les autorités néo-zélandaises et australiennes, a pour but d'établir prioritairement un "pont de communication" pour pallier les dégâts provoqués par le cyclone sur les réseaux, effectuer une reconnaissance des zones touchées et définir les priorités concernant les besoins de la population sinistrée, précise dans un communiqué le Haut Commissariat de la république en Nouvelle-Calédonie. Une équipe des Nations unies doit également arriver sur place dimanche pour effectuer une première évaluation des dégâts après le passage du cyclone de catégorie 5, le niveau maximal, qui, à son paroxysme, a recouvert entièrement l'archipel sur les images satellites tout en le balayant avec des rafales de vent supérieures à 300 km/h. La configuration de l'archipel, composé de 83 îles, pourrait entraver le déploiement des secours. Des témoins ont parlé de vagues de huit mètres de haut, qui, conjuguées aux fortes pluies, ont provoqué des inondations. Port-Vila, jonchée de débris, offre un spectacle de désolation, comme si une énorme bombe avait explosé au milieu de la ville. D'après les autorités, la plupart des bâtiments ont été détruits et des milliers d'habitants se retrouvent sans abri. Certains ont afflué vers des centres d'hébergement provisoire, d'autres restent hébétés au milieu des ruines de leur maison. ALERTES LEVÉES EN NOUVELLE-CALÉDONIE La crainte est particulièrement vive pour les îles reculées dépourvues des équipements nécessaires pour venir en aide à la population. Les autorités du Vanuatu disent ne pas être en mesure de contacter la moindre région en dehors de la capitale. "Notre réseau de communication est toujours coupé", a dit Paolo Malatu, du bureau national de gestion des catastrophes naturelles, à Reuters. "Nous ne disposons d'aucune information en provenance de l'extérieur de Port-Vila." "Les principaux besoins pour le moment portent sur les abris, la nourriture et le matériel de nettoyage", a-t-il ajouté. Un avion australien a pu atterrir cependant sur l'île volcanique et densément peuplée de Tanna, à 200 km environ au sud de Port-Vila. Un responsable de la Croix-Rouge australienne a parlé de "destruction étendue". "Pratiquement toutes les constructions qui n'étaient pas en béton ont été détruites", a-t-il ajouté. Quelque 29.000 personnes vivent sur cette île isolée. Deux décès y sont pour l'instant signalés. Aurelia Balpe, responsable régionale de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a déclaré à Reuters que les communications constituaient un énorme problème et que le système sanitaire de Vanuatu n'était pas équipé pour faire face à une catastrophe de cette ampleur. "Nous nous préparons à ce que (le bilan) s'alourdisse, particulièrement à mesure que les informations arrivent en provenance des îles éloignées. Nous parlons d'îles qui sont isolées et vraiment petites, avec rien de ce que nous pourrions qualifier d'infrastructures modernes", a pour sa part déclaré Colin Collett van Rooyen, responsable de l'ONG Oxfam à Vanuatu. Le cyclone s'éloignait vers le Sud dimanche. Les alertes cycloniques ont été levées sur la Nouvelle-Calédonie, pour laquelle, selon Météo France, Pam ne représente plus une menace. La Nouvelle-Zélande s'apprête à en subir les effets à son tour et les autorités néo-zélandaises ont invité la population à se préparer à des vents violents, à de fortes pluies et à une mer agitée. (avec Megan Rowling à Sendai; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français)

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