Les secours au Japon ralentis par les dégâts aux infrastructures

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LES SECOURS SE DÉPLOIENT AU JAPON APRES LES DEUX SÉISMES
LES SECOURS SE DÉPLOIENT AU JAPON APRES LES DEUX SÉISMES

par Kaori Kaneko et Thomas Wilson

TOKYO (Reuters) - Les recherches de rescapés s'intensifient au Japon dans les décombres de bâtiments effondrés après deux gros séismes dans l'île de Kyushu, qui ont fait au moins 41 morts.

Les autorités ont ordonné l'évacuation de 240.000 habitants, sur fond de crainte de nouvelles secousses.

Les pluies diluviennes qui s'abattent actuellement sur la région laissent craindre de nouveaux glissements de terrain. Etant donné les centaines de répliques enregistrées et la crainte de nouvelles secousses très fortes, des milliers d'habitants ont passé la nuit de samedi à dimanche dans des structures d'accueil.

Environ 422.000 foyers sont privés d'eau potable et 100.000 sont toujours sans électricité.

Un tremblement de terre de magnitude 7,3 a frappé Kyushu samedi matin, faisant au moins 32 morts et un millier de blessés, et causant d'importants dégâts à des bâtiments, routes et ponts. Il s'agissait du deuxième séisme dans le secteur de Kumamoto en un peu plus de 24 heures. Le premier, jeudi soir, avait fait neuf morts.

Les trois centrales nucléaires de la région n'ont pas été endommagées, mais l'Autorité de régulation du nucléaire a annoncé qu'elle tiendrait lundi une réunion extraordinaire consacrée à la situation à Kyushu, la plus méridionale des quatre îles principales de l'archipel nippon.

La région de Kumamoto, directement touchée par les deux séismes, est un grand centre industriel et plusieurs usines, dont celles de Sony, Nissan et Toyota, qui ont suspendu leur production, le temps d'évaluer les dégâts. Sony a indiqué dimanche que la production de son usine de capteurs d'images à Kumamoto, arrêtée vendredi, demeurait suspendue, et que le fonctionnement de ses usines de Nagasaki et d'Oita avait été partiellement suspendu samedi.

CEINTURE DE FEU DU PACIFIQUE

Tous les vols de passagers vers l'aéroport de Kumamoto ont été annulés et les trains à grande vitesse (Shinkansen) ne circulent plus à destination de la région. Certaines voies express ont été fermées en raison de glissements de terrain et de fissures ou affaissements affectant la chaussée. Ces difficultés dans les transports ralentissent les efforts pour acheminer de l'eau potable et des vivres aux rescapés.

Les secouristes recherchaient toujours dimanche plusieurs dizaines de personnes que l'on pense bloquées sous les décombres. Dans le village de Minamiaso, on est sans nouvelles de 11 personnes, a rapporté la chaîne de télévision publique NHK. Samedi, les secouristes avaient retiré dix étudiants des décombres d'une cité universitaire dans le même secteur.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé qu'il allait porter à 25.000 le nombre de militaires envoyés pour aider dans les zones sinistrées, et il a accepté une aide des Etats-Unis en matière de transport aérien.

A Kumamoto, le château noir vieux de 400 ans, l'un des plus beaux du Japon, a subi de forts dégâts. Ses murs, qui ont résisté aux bombardements de 1944-45 et à plusieurs incendies en quatre siècles d'existence, ont été lézardés.

De l'autre côté du Pacifique, un séisme de magnitude 7,8 a touché samedi soir l'Equateur, où l'on recense 77 morts et des centaines de blessés.

Tout comme l'Equateur, le Japon est situé sur la "ceinture de feu" du Pacifique et régulièrement frappé par des tremblements de terre. Un séisme de magnitude 9 survenu le 11 mars 2011 au large du nord de l'archipel avait déclenché un puissant tsunami. Cette double catastrophe naturelle avait fait près de 20.000 morts et en avait provoqué une troisième, nucléaire, à la centrale de Fukushima-Daiichi, dont des réacteurs étaient entrés en fusion.

(avec la rédaction de Tokyo, Eric Faye pour le service français)

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