Les secouristes à la recherche de 29 disparus du Concordia

le
0
VINGT-NEUF PERSONNES TOUJOURS PORTÉES DISPARUES APRÈS LE NAUFRAGE DU COSTA CONCORDIA
VINGT-NEUF PERSONNES TOUJOURS PORTÉES DISPARUES APRÈS LE NAUFRAGE DU COSTA CONCORDIA

par Gavin Jones et Antonio Denti

GIGLIO, Italie (Reuters) - Les secouristes italiens ont eu recours mardi à des explosifs pour atteindre des zones inaccessibles du paquebot Costa Concordia, dont le naufrage a fait six morts et 29 disparus, selon un nouveau bilan.

"Nous aurons maintenant un meilleur accès aux points de rassemblement du bateau, où il semble qu'il y ait plus de chances de trouver quelqu'un, vivant ou mort", a déclaré Luca Cari, au nom des pompiers, qui ont procédé à trois explosions dans la matinée.

"Ils vont faire pénétrer des microcaméras et nous allons simultanément fouiller les quelques zones restées sèches et celles qui ont été inondées", a-t-il ajouté.

La météo s'est un peu améliorée mardi, mais la mer reste agitée. Le navire, à bord duquel se trouvaient 4.200 passagers et membres d'équipage, s'est échoué vendredi soir après avoir heurté un rocher très près de l'île du Giglio. Déjà pour partie immergée, il s'est incliné un peu plus lundi, ce qui a contraint les secouristes à suspendre leurs recherches pendant quelques heures.

Dans la soirée, les autorités italiennes ont porté de 16 à 29 le nombre de disparus, signe de la confusion qui règne sur place.

Sur ce nombre, 25 sont des passagers et les quatre autres des membres d'équipage. Dix Allemands figureraient parmi eux.

Le ministre italien de l'Environnement, Corrado Clini, a annoncé que l'état d'urgence allait être décrété pour faire face au risque que les 2.300 tonnes de fioul du bateau font peser sur le parc national de l'archipel toscan. Pour l'instant, aucune fuite n'a été décelée, a-t-il assuré.

CAPITAINE DÉSAVOUÉ PAR LA COMPAGNIE

Le PDG de la compagnie Costa Croisières, filiale de Carnival à qui appartient le bateau, a imputé le naufrage à une "erreur humaine" de la part du capitaine Francesco Schettino.

Arrêté samedi, il est accusé d'homicides involontaires et d'abandon du navire avant que la totalité des passagers et membres d'équipage aient été évacués. Il doit être interrogé ce mardi matin par des magistrats.

"La compagnie va se rapprocher du capitaine et va lui fournir toute l'assistance nécessaire mais nous devons reconnaître les faits et nous ne pouvons nier une erreur humaine", a déclaré le patron de Costa Croisières, Pier Luigi Foschi, au bord des larmes, lors d'une conférence de presse à Gênes.

"La compagnie désavoue un tel comportement à l'origine de l'accident consistant à détourner le paquebot de sa route idéale (...) Ces navires sont ultra sécurisés. C'est un événement exceptionnel qui était imprévisible", a-t-il ajouté.

Selon Foschi, les navires de Costa Croisières ont interdiction de s'approcher à moins de 500 mètres de la côte de l'île du Giglio. Or, d'après les enquêteurs, le navire se trouvait à seulement 150 mètres lorsqu'il a heurté des rochers, qui ont ouvert une longue brèche dans la coque.

Schettino nie s'être autant rapproché de la côte et affirme que les récifs heurtés ne figuraient pas sur les cartes marines.

Comme les enquêteurs, les habitants de Giglio affirment que le bateau est passé bien plus près de l'île que d'habitude.

Le père du chef des stewards, qui vit à Giglio, a par ailleurs déclaré à Reuters que son fils lui avait téléphoné avant l'accident pour lui annoncer que l'équipage le saluerait en passant à proximité de l'île.

"Ce que nous savons par rapport au commandant c'est qu'effectivement la route du bateau qui était empruntée n'était pas la route habituelle, n'était pas la route autorisée," a quant à lui expliqué Georges Azouze, président de Costa Croisières France et de l'Association française des compagnies de croisières (AFCC), interrogé mardi sur RTL.

Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant